La Dynamique pour la Majorité du Peuple (DMP) hausse le ton face à la crise énergétique qui secoue le Togo depuis plusieurs mois. Dans une déclaration rendue publique ce vendredi 17 avril 2026, ce regroupement de parti politique d’opposition dresse un tableau sombre de la situation et pointe du doigt une « incompétence notoire » du régime dirigé par Faure Gnassingbé.
*Une crise énergétique aux conséquences lourdes*
Selon la DMP, le pays traverse une crise énergétique « sans précédent », marquée par des coupures d’électricité intempestives et imprévisibles. Ménages, entreprises et structures de santé sont durement affectés par ces délestages répétés, qui perturbent profondément la vie quotidienne et l’activité économique.
Dans les foyers, les conséquences sont immédiates : pertes de denrées alimentaires, appareils électroménagers endommagés, troubles du sommeil et stress accru. Du côté des petites et moyennes entreprises ainsi que des artisans, les interruptions d’électricité entraînent des arrêts brutaux d’activités, des pertes de revenus et des menaces croissantes sur l’emploi.
Plus préoccupant encore, le secteur de la santé n’est pas épargné. La DMP alerte sur les risques encourus dans certains centres de soins dépourvus de groupes électrogènes fonctionnels, où les coupures peuvent mettre en danger des vies humaines.
*Un échec structurel dénoncé*
Pour la coalition, cette crise n’est pas un simple dysfonctionnement conjoncturel, mais le symptôme d’un échec plus profond. Elle critique un bilan de plus de six décennies de gouvernance du régime RPT-Unir, jugé incapable d’assurer la souveraineté énergétique du pays.
La DMP souligne qu’il est « inadmissible » qu’un pays de moins de 9 millions d’habitants, doté d’un territoire relativement modeste, reste dépendant de l’extérieur pour son approvisionnement en énergie. Malgré les promesses de modernisation, le Togo peine toujours à garantir un service électrique stable, traduisant selon elle un manque de vision stratégique.
*Pression économique et frustration sociale*
La déclaration met également en cause la pression fiscale exercée sur les citoyens, notamment à travers l’Office Togolais des Recettes (OTR). La DMP dénonce une situation où les populations, déjà éprouvées par les coupures d’électricité, subissent en parallèle des charges fiscales jugées lourdes, sans bénéficier d’un service public à la hauteur.
Elle regrette en outre l’absence de mécanismes de compensation pour les pertes subies par les citoyens et les acteurs économiques.
*Des exigences claires au gouvernement*
Face à ce qu’elle qualifie d’« opacité révoltante », la DMP formule plusieurs exigences. Elle appelle d’abord à une transparence immédiate de la part du gouvernement et de la Compagnie Énergie Électrique du Togo (CEET), afin de clarifier les causes réelles et techniques des coupures.
La coalition réclame également la mise en place d’un plan d’urgence, incluant un calendrier précis de sortie de crise et des mesures concrètes pour mettre fin aux délestages, tout en jetant les bases d’une véritable indépendance énergétique.
Enfin, elle insiste sur la nécessité de responsabilité vis-à-vis des citoyens, notamment à travers le respect des engagements contractuels de la CEET. Elle estime que tout usager en règle doit bénéficier d’un service continu et de qualité, et que les victimes de dommages liés à la crise doivent être indemnisées de manière équitable.
*Un appel à l’éveil citoyen*
Au-delà des revendications institutionnelles, la DMP lance un appel direct aux citoyens togolais. Elle les invite à sortir de la résignation et à faire valoir leurs droits fondamentaux face à ce qu’elle considère comme une mauvaise gouvernance.
« Le silence face à l’injustice est une complicité », martèle la DMK qui exhorte les populations à revendiquer un service public digne et à refuser de subir passivement une situation qui, selon elle, compromet l’avenir des générations futures.
Priska