À la veille de la fête de la Nativité, les Togolais toujours tristes par manque de moyens.
En effet, la fête de la Nativité, célébrée chaque année le 25 décembre, est traditionnellement un moment de joie, de partage et de communion pour les familles togolaises. Cependant, depuis quelques années, cet esprit festif semble s’effriter, laissant place à une certaine tristesse et résignation.
Le manque criant de moyens financiers doublé de la précarité qui frappe une grande majorité de la population en est la cause principale.
Autrefois, cette période de l’année était marquée par une effervescence visible dans les rues, les marchés et les foyers. Dès le début du mois de décembre, les préparatifs battaient leur plein : décoration des maisons, achat de vêtements neufs pour les enfants, constitution de provisions pour des repas copieux et festifs. Aujourd’hui, cette ambiance a considérablement changé. Dans les marchés de Lomé et des villes environnantes, les commerçants constatent une baisse drastique des ventes. « Les clients viennent plus pour demander les prix que pour acheter », déplore une vendeuse de jouets au Grand Marché de Lomé.
Cette situation est principalement due à la précarité économique que traverse le pays. Le coût de la vie ne cesse d’augmenter, tandis que les revenus des ménages restent stagnants, voire diminuent. Le panier de la ménagère est de plus en plus vide, et les familles peinent à joindre les deux bouts. À cela s’ajoute un chômage persistant, en particulier chez les jeunes, et un accès limité aux crédits ou aux aides financières.
Pour beaucoup de Togolais, il est difficile, voire impossible, de consacrer un budget à des dépenses festives. « Cette année, nous nous contenterons d’un repas simple. Ce n’est pas comme avant où on pouvait acheter de la viande et des cadeaux pour les enfants », confie un père de famille dans un quartier populaire de Lomé.
Face à cette réalité, la fête de la Nativité perd progressivement son caractère festif pour devenir une journée ordinaire pour de nombreuses familles. Pourtant, cette fête devrait être un moment de solidarité et de réconfort, surtout en période de difficultés économiques.
Certaines initiatives communautaires tentent de redonner le sourire aux plus démunis. Des associations locales organisent des repas collectifs ou des distributions de vivres. Mais ces actions, bien qu’appréciées, restent insuffisantes pour répondre aux besoins croissants.
Ainsi, à la veille de Noël, l’espoir demeure que des mesures structurelles soient prises pour alléger le fardeau des Togolais et leur permettre, à nouveau, de célébrer cette fête avec dignité et sérénité.
El bicho