Cadre national de concertation pour le changement (CNCC) : réveil des vieux démons ou un renouveau ?

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Au Togo, de 2005 à nos jours, des regroupements de partis politiques et organisation de la société civile se sont multipliés. L’objectif tel que décliné souvent par les responsables est de mener des actions collectives notamment des manifestations de masse, obtenir leurs doléances et mettre fin au règne du régime des Gnassingbé. Du Collectif Sauvons le Togo (CST) en 2012 à la Dynamique Monseigneur Kpodzro (DMK) porté par feu Agbéyomé Kodjo à l’élection présidentielle de 2020 ou encore la Dynamique pour la majorité du peuple (DMP) devenu DMP originale en passant par la coalition CAP 2015, la Coalition des 14 partis (C14) (2017-2018), le Togo en a assez connu . Mais les initiateurs ne sont jamais parvenus à satisfaire leur but. La dernière initiative est le Cadre national de concertation pour le changement (CNCC) annoncé cette semaine. Composé de grands partis d’opposition et organisations de la société civile, ce cadre projette déjà une grande manifestation publique le 09 mai prochain. Vont-ils cette fois-ci parvenir à damer le pion au pouvoir de Faure Gnassingbé ? Vont-ils parvenir désormais à libérer le Togo, comme ils le disent ?

Au Togo, depuis 2005, les initiatives de regroupement se succèdent, portées par l’ambition de fédérer les forces pour peser face au pouvoir de Faure Gnassingbé, obtenir des réformes politiques majeures et de provoquer l’alternance. Ces initiatives sont souvent heurtées par des divisions internes qui ont souvent compromis les objectifs assignés.

Du Collectif Sauvons le Togo (CST) en 2012 à la Dynamique Monseigneur Kpodzro (DMK) lors de la présidentielle de 2020, en passant par la coalition CAP 2015 ou encore la Coalition des 14 partis (C14) entre 2017 et 2018, les coalitions se sont multipliées. Plus récemment, la Dynamique pour la majorité du peuple (DMP), devenue DMP originale, a tenté de raviver cette flamme. Pourtant, aucune de ces alliances n’a véritablement réussi à atteindre ses objectifs fondamentaux. Au cœur de ces échecs répétés, des guerres intestines entre leaders, des conflits de positionnement, des rivalités d’influence, mais aussi des accusations de sabotages en coulisses. À cela s’ajoutent la satisfaction de l’intérêt personnel de certains acteurs au détriment de l’objectif poursuivi , le double jeu des uns , et des egos souvent incompatibles avec une véritable discipline collective des autres. Le manque d’ouverture et de compromis a, à maintes reprises, fragilisé des dynamiques pourtant prometteuses.

C’est dans ce contexte chargé d’histoire que s’inscrit la naissance du Cadre National de Concertation pour le Changement (CNCC). Annoncé en avril 2026 à Lomé, ce nouveau regroupement se veut une réponse aux limites du passé. Lors d’une conférence de presse tenue le 13 avril, plusieurs partis politiques de l’opposition et organisations de la société civile ont affiché leur volonté de repartir sur de nouvelles bases.

Parmi les formations engagées figurent l’Alliance Nationale pour le Changement (ANC), les Forces Démocratiques pour la République (FDR), l’Alliance des Démocrates pour le Développement Intégral (ADDI) et le Pacte Social pour le Renouveau (PSR). À leurs côtés, des organisations comme le Front Citoyen Togo Debout (FCTD) et Novation Internationale entendent jouer un rôle actif dans cette dynamique.

Les acteurs réunis au sein du CNCC mettent en avant des valeurs de solidarité, de confiance, de vérité et d’unité. Une nouvelle charte a été signée, élargissant le cercle des partenaires engagés depuis mars 2025. Ce document insiste sur la discipline, la cohérence des actions et la nécessité de parler d’une seule voix. Les revendications restent classiques : le retour à la Constitution de 1992, respect des droits humains et renforcement de la démocratie.

Dans cette logique, une grande manifestation publique est annoncée pour le 9 mai 2026 à Lomé. Elle se veut un test grandeur nature de la capacité du CNCC à mobiliser au-delà des discours et à s’imposer comme une force crédible sur le terrain.

Ce nouveau cadre saura-t-il rompre avec les erreurs du passé ? Car au-delà des déclarations d’intention, c’est la capacité des acteurs à dépasser leurs intérêts individuels qui déterminera l’avenir de cette initiative. Sans une véritable culture du compromis, sans transparence interne et sans leadership partagé, le risque est grand de voir le CNCC rejoindre la longue liste des alliances avortées.

Face au régime de Faure Gnassingbé, solidement installé depuis des décennies, l’opposition togolaise est ainsi placée devant ses propres contradictions. Plus que jamais, le combat semble se jouer autant en interne qu’à l’extérieur.

Le 9 mai prochain pourrait alors marquer un tournant… ou confirmer, une fois de plus, que l’unité proclamée reste un défi encore non résolu.

228news.

 

 

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