Au Togo, la lutte contre le commerce illicite du tabac s’intensifie avec une feuille de route ambitieuse pour 2026-2030. Elle s’inscrit dans la promotion de la santé publique et de mobilisation des ressources internes.
Le pays s’est doté d’une feuille de route quinquennale (2026-2030) visant à renforcer la lutte contre le commerce illicite des produits du tabac. Ce document stratégique a été validé le vendredi 27 mars à Tsévié, à l’issue d’une rencontre ayant réuni des acteurs clés issus de divers secteurs.
Élaborée à la suite d’une mission d’évaluation conduite par le secrétariat de la Convention-cadre de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), cette feuille de route se veut un outil structurant pour répondre de manière coordonnée à un phénomène aux multiples ramifications. Elle met notamment l’accent sur le renforcement du cadre juridique et institutionnel, condition essentielle pour une lutte efficace et durable.
Le document prévoit également l’amélioration des mécanismes de contrôle et de surveillance, en particulier aux frontières, considérées comme des points névralgiques du trafic. La question de la traçabilité des produits du tabac y occupe une place centrale, avec pour objectif de mieux suivre les circuits de distribution et d’identifier les sources de contrebande. Par ailleurs, la poursuite judiciaire des réseaux impliqués dans ce commerce illicite figure parmi les priorités, traduisant une volonté de fermeté des autorités.
Pour garantir une mise en œuvre efficace, les experts issus des secteurs de la sécurité, de la santé, de la justice, des douanes et de la société civile ont insisté sur la nécessité d’une synergie d’actions. Une coordination renforcée entre ces différents acteurs apparaît indispensable pour intensifier les contrôles et améliorer l’efficacité des poursuites contre les contrevenants.
« Le commerce illicite du tabac est un défi majeur, favorisant l’accès au produit, notamment chez les jeunes, tout en entraînant d’importantes pertes fiscales pour l’État », a souligné le coordonnateur du Programme national des addictions aux produits psychoactifs (PNAPP), Balaka Abago.
Cette nouvelle feuille de route intervient dans un contexte globalement encourageant. La prévalence du tabagisme au Togo est en baisse, passant de 8,5 % en 2010 à 5 % en 2021. Toutefois, des disparités persistent : la consommation demeure plus élevée chez les hommes et connaît une progression préoccupante chez les jeunes, notamment en milieu urbain et scolaire.
En se dotant de cet instrument stratégique, le Togo affiche sa détermination à endiguer le commerce illicite du tabac, protéger la santé des populations et préserver ses recettes fiscales. Reste désormais à traduire ces ambitions en actions concrètes et durables sur le terrain.
Priska