L’annonce de l’augmentation du prix du kilowatt/heure (kWh) au Togo est venue ajouter un poids supplémentaire sur les épaules des populations, déjà à bout de souffle sous le fardeau d’un coût de la vie sans cesse croissant. Cette décision, qui suscite de nombreuses réactions, laisse perplexes de nombreux citoyens, notamment les plus vulnérables, malgré les tentatives des autorités d’en atténuer la portée.
Les plus vulnérables, faussement épargnés
Contrairement aux déclarations officielles selon lesquelles les couches sociales les plus modestes auraient été préservées de cette hausse, la réalité est toute autre. Augmenter le coût de l’électricité a des répercussions en chaîne sur l’économie domestique. En effet, les petits commerçants, les vendeuses de poissons ou les ménages modestes qui dépendent de moyens de conservation basiques vont voir leurs charges s’alourdir considérablement. Le poisson, les légumes et autres denrées de première nécessité sont conservés grâce à des équipements électriques. Un coût d’électricité plus élevé signifie inévitablement une hausse des prix de ces produits sur le marché, touchant directement les populations les plus démunies.
Il est donc erroné, voire trompeur, de prétendre que cette frange de la population est épargnée. Toute augmentation, même dite « ciblée », finit par affecter l’ensemble de la chaîne de consommation.
Des explications peu convaincantes sur les avantages des agents de la CEET
L’un des arguments avancés pour justifier cette hausse concerne les avantages supposément excessifs accordés aux agents de la Compagnie Énergie Électrique du Togo (CEET), qui bénéficieraient depuis des années de tarifs ultra préférentiels. Les autorités évoquent une volonté de rééquilibrage par une « nouvelle grille interne ». Mais là encore, l’argument ne convainc guère. Pourquoi, dans ce cas, ne pas simplement prendre une mesure administrative ciblée pour corriger ces excès, au lieu d’appliquer une hausse généralisée affectant tous les citoyens ?
De plus, selon des sources internes, aucun agent de la CEET n’aurait tenté de « verrouiller » le processus de révision des tarifs, ni encore moins intimidé sa hiérarchie, comme l’ont laissé entendre les autorités pour justifier l’urgence de la décision. Ce type de discours, perçu comme une tentative de détourner l’attention du fond du problème, nourrit encore plus de méfiance dans l’opinion publique.
Une défiance croissante envers la population
Ces justifications floues font augmenter la frustrations de la population. Il ne s’agit pas simplement d’une question technique de tarification, mais d’un enjeu de justice sociale. Lorsque l’électricité devient un luxe, c’est tout un pan de l’économie populaire qui vacille.
L’urgence aujourd’hui est de rétablir la confiance, en engageant un dialogue sincère et transparent avec les citoyens, en particulier ceux qui subissent le plus durement les effets de ces mesures. Car sans écoute ni prise en compte des réalités sociales, aucune politique énergétique, aussi bien fondée soit-elle techniquement, ne pourra trouver d’adhésion durable.
228news.