Dans un retournement politique saisissant, des militaires gabonais ont annoncé par le biais de la télévision nationale l’annulation des élections et la dissolution des institutions en place. « Nous mettons fin au régime en place », ont-ils affirmé avec fermeté. Cette annonce fracassante a été précédée de la proclamation controversée d’Ali Bongo Ondimba, président en exercice depuis 14 ans, en tant que vainqueur pour un troisième mandat. Cependant, ces résultats ont été sévèrement contestés par l’opposition et ont alimenté un climat de tension grandissant dans le pays.
Les élections, qui comprenaient un triple scrutin présidentiel, législatif et local, ont été entachées par des retards et des dysfonctionnements majeurs. La coalition d’opposition Alternance 2023 a immédiatement crié à la fraude et a revendiqué la victoire, créant ainsi une impasse politique. Dans un geste sans précédent, le gouvernement a réagi en coupant l’accès à Internet et en restreignant la liberté des médias, dont RFI, F24 et TV5, dans une tentative d’étouffer les appels à la protestation.
Le taux de participation de 56,65% aux élections témoigne de l’importance du scrutin pour la population gabonaise. Cependant, la victoire d’Ali Bongo avec 64,27% des voix a été vivement contestée, en particulier par son principal rival, Albert Ondo Ossa, qui a obtenu 30,77% des suffrages exprimés. La marge de victoire étroite du président sortant lors des élections précédentes en 2016 avait déjà suscité des tensions politiques et sociales.
Le déclenchement du couvre-feu et la fermeture temporaire des frontières ont été justifiés par le gouvernement gabonais comme des mesures visant à prévenir les violences potentielles suite à l’annonce contestée des résultats. La population, divisée face à la situation, reste en alerte alors que les développements se succèdent à un rythme rapide.
Ali Bongo Ondimba, âgé de 64 ans, a accédé au pouvoir en 2009 après le décès de son père, Omar Bongo, qui avait dirigé le Gabon pendant plus de 41 ans. Sa victoire serrée en 2016, avec seulement 5 000 voix d’avance sur son adversaire, avait déjà marqué les esprits. Aujourd’hui, le pays est plongé dans une période d’incertitude politique et de troubles potentiels, tandis que le monde observe avec une attention soutenue les développements en cours au Gabon.
FRANCISCO A .