Ecoles, routes, racket : Quelle stratégie pour une sécurité sans compromis ?

Partager cet article via

Facebook
WhatsApp
Telegram
Tassa Agba, Directeur de la DSR

 

Les récentes sorties des responsables de la Division de la Sécurité Routière (DSR) remettent au premier plan l’urgente nécessité d’assainir la circulation urbaine et interurbaine. Entre la protection des plus vulnérables aux abords des établissements scolaires, la lutte acharnée contre les tracasseries policières et l’impératif d’une discipline de fer sur l’asphalte, le défi sécuritaire exige une métamorphose profonde des mentalités et des pratiques.

La sécurité routière ne se négocie pas. C’est le message fort que martèlent avec constance les autorités de la Division de la Sécurité Routière (DSR). Alors que les statistiques officielles continuent de rappeler la dangerosité chronique de nos axes, la question de l’efficacité des politiques publiques se pose avec acuité. Peut-on réellement prétendre à une sécurité « sans compromis » lorsque les abords de nos écoles ressemblent à des zones à haut risque et que le spectre du racket routier continue d’entacher la crédibilité des contrôles ?

 

Le mur de la rigueur : Repenser l’ordre public sur l’asphalte

La volonté affichée de la DSR d’intensifier les contrôles et de discipliner les usagers qu’il s’agisse des conducteurs de poids lourds, des automobilistes ou des inévitables conducteurs de taxi-moto, répond à une urgence vitale. L’excès de vitesse et le non-respect des règles élémentaires de circulation continuent d’endeuiller chaque semaine de trop nombreuses familles.

Pour les analystes, cette posture de fermeté institutionnelle est un passage obligé. La route ne peut plus être le théâtre d’une anarchie tolérée où le code de la route s’efface devant l’indiscipline générale. Toutefois, l’autorité de l’État ne s’impose durablement qu’à travers une équation à deux variables : la répression des infractions et l’exemplarité de ceux qui sont chargés de les constater.

 

Le talon d’Achille du racket : Quand le contrôle perd sa vertu protectrice

C’est précisément sur ce terrain de l’exemplarité que le bât blesse. Malgré les rappels à l’ordre répétés de la hiérarchie policière, la persistance des perceptions illicites et du racket sur certains axes routiers demeure un abcès de fixation.

Pour les usagers, transporteurs et citoyens lambda, subir des tracasseries injustifiées fausse la perception même de l’autorité. Un contrôle routier perçu comme une opportunité de prédation financière perd toute sa légitimité préventive. Une sécurité sans compromis exige, par conséquent, un grand coup de balai interne : traquer la vénalité de certains agents avec la même rigueur que celle appliquée aux chauffeurs imprudents. C’est à ce prix seulement que la confiance pourra être restaurée entre la population et les forces de sécurité.

 

La sanctuarisation des abords scolaires : Un test de crédibilité

Autre point de friction majeur de cette stratégie globale : la sécurité des élèves aux abords des établissements scolaires. Aux heures de pointe, les rues menant aux écoles se transforment trop souvent en parcours du combattant. Entre l’absence d’aménagements adéquats (passages piétons effacés, signalisation défaillante) et l’incivisme d’automobilistes pressés, nos enfants jouent littéralement leur vie en se rendant sur les bancs de l’école.

Sanctuariser ces zones scolaires doit devenir l’indicateur absolu de la réussite des politiques de la DSR. Cela suppose une coordination étroite entre les municipalités, les ministères de l’Éducation et de la Sécurité, matérialisée par le déploiement systématique de dispositifs de ralentissement, de brigades scolaires et une tolérance zéro pour les infractions commises aux abords des sanctuaires du savoir.

 

Vers un sursaut national

En somme, la sortie de la DSR sonne comme un électrochoc salutaire, mais elle met en lumière des chantiers titanesques. Pour que la promesse d’une sécurité routière intransigeante devienne une réalité palpable, l’action répressive doit s’accompagner d’une moralisation accrue des contrôles et d’une protection absolue des plus fragiles, à commencer par la jeunesse scolarisée. Sur la route du développement, l’indiscipline et la corruption n’ont plus de place : il y va de la survie collective.

Quelles mesures concrètes, selon vous, permettraient d’éradiquer définitivement les pratiques de racket tout en garantissant la fluidité et la sécurité sur nos axes routiers ?

228news

À Lire aussi