Le Togo vu de l’intérieur et de l’extérieur : ouvert à l’extérieur et fermé de l’intérieur

Partager cet article via

Facebook
WhatsApp
Telegram

Entre les crises internes et externes, le Togo choisit la seconde option. Un pays qui s’ouvre pour l’extérieur mais fermé de l’intérieur. Les propositions et tentatives de médiation des crises des autres pays du continent, notamment de l’AES au Congo dans les Grands Lacs, en disent long. Cependant, Lomé ne chôme pas quant aux crises sociopolitiques internes. Alors que les tensions politiques et sociales continuent de gagner du terrain peu à peu, le pouvoir semble davantage concentré sur son rôle diplomatique à l’échelle continentale que sur la gestion des nombreuses préoccupations exprimées à l’intérieur du pays. Cette situation alimente les critiques de plusieurs acteurs politiques et sociaux qui dénoncent un décalage grandissant entre l’image de stabilité projetée à l’international et les réalités vécues par la majorité de la population.

Lomé a accueilli une nouvelle fois une réunion consacrée à l’évaluation du processus de facilitation de la crise dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC) et dans la région des Grands Lacs. Une initiative qui s’inscrit dans le cadre de la mission confiée à Faure Gnassingbé en tant que médiateur de l’Union africaine. Déjà en janvier dernier, la capitale togolaise avait servi de cadre à une rencontre réunissant les principaux acteurs engagés dans les efforts de médiation conduits sous l’égide de l’organisation continentale.

Si ce rôle diplomatique au service des pays frères du continent est salutaire, il n’en demeure pas moins une technique échappatoire aux responsabilités internes du pouvoir de Lomé 2. Les mêmes efforts de dialogue et de concertation gagneraient à être déployés à l’intérieur du pays, où les tensions politiques et sociales demeurent vives.

En effet, depuis quelques années déjà, les partis politiques de l’opposition, les organisations de la société civile, les syndicats ainsi que certains médias multiplient les dénonciations concernant la gouvernance du pays. Mauvaise gestion des ressources publiques, dilapidation des deniers publics, restrictions des libertés fondamentales, verrouillage de l’espace public et rétrécissement du débat démocratique figurent parmi les griefs régulièrement évoqués.

À ces préoccupations politiques s’ajoutent des difficultés socio-économiques qui affectent une grande partie de la population. La vie chère, le chômage galopant, la pauvreté, les inégalités sociales ainsi que le sentiment d’impunité alimentent un malaise qui s’installe progressivement dans le pays. Plusieurs voix dénoncent également la répression des opinions dissidentes et le manque d’espaces de dialogue capables de favoriser l’apaisement du climat national.

Pour les détracteurs du régime, ces revendications sont souvent ignorées ou reléguées au second plan. Ils estiment que les nombreuses doléances exprimées par les forces vives de la nation restent sans réponses concrètes et que les appels à un dialogue sincère et inclusif demeurent lettre morte.

Cette situation nourrit un paradoxe de plus en plus relevé dans le débat public : celui d’un État qui se présente comme un acteur de paix et de médiation sur le continent africain, mais qui peine à instaurer une dynamique similaire sur son propre territoire. Il est inconcevable de promouvoir la réconciliation ailleurs lorsque les fractures internes continuent de se creuser chez soi.

Pendant que le Togo renforce son image diplomatique à l’échelle régionale, la question du dialogue national, lequel se veut sincère, reste donc entière. Pour de nombreux citoyens, la stabilité durable ne peut se limiter à une perception extérieure ou à des indicateurs institutionnels. Elle repose aussi sur la capacité des dirigeants à écouter les préoccupations de leur peuple, à répondre aux aspirations sociales et à créer un cadre politique inclusif où chaque voix peut être entendue.

À défaut d’une telle démarche, le risque est de voir persister une crise silencieuse qui, bien que moins visible que les conflits armés de la région, pourrait continuer à fragiliser le tissu social et la cohésion nationale.

228news.

À Lire aussi

Le ministère en charge de l’environnement en mode ventes aux enchères des produits ligneux jusqu’au 21 juin 

Coupe du Monde 2026 : le Cap-Vert surprend l’Espagne et s’offre un précieux point

OTR : les déclarations des « divers » ne sont plus éligibles à l’application du CST

OTR : interdiction absolue de modifier les écritures dans les manifestes au-delà du délai légal

L’OTR exige le respect de certaines conditions importateurs de médicaments et produits de santé 

Le Togo vu de l’intérieur et de l’extérieur : ouvert à l’extérieur et fermé de l’intérieur

Sécurité routière : la DSR sensibilise conducteurs et voyageurs des autocars à Adétikopé