Au Togo, la politique de promotion du volontariat, engagée depuis plus d’une décennie, continue de s’étendre et de mobiliser des milliers de citoyens. Depuis sa création en 2011, l’Agence nationale du volontariat (ANVT) a enregistré 80.694 volontaires déployés à travers le pays. Ce chiffre, révélé lors de la célébration de la 40ᵉ Journée internationale des volontaires (JIV), témoigne de l’ampleur du mouvement et de son rôle croissant dans les actions de développement.
Les volontaires togolais interviennent dans plusieurs programmes structurants tels que le volontariat national de compétences (VNC), le volontariat d’engagement citoyen (VEC), le volontariat senior (VS) ou encore le volontariat international de réciprocité (VIR).
Ces cadres offrent à de nombreux jeunes l’opportunité d’acquérir une première expérience professionnelle, de renforcer leurs compétences et de contribuer à des projets communautaires, institutionnels ou sectoriels.
Volontaires internationaux : un appui précieux aux communautés locales
À côté des volontaires nationaux, le Togo accueille plus de 2.500 volontaires internationaux mobilisés dans des domaines clés tels que l’éducation, la santé, l’environnement, l’assainissement ou encore la cohésion sociale. Leur présence contribue non seulement au transfert de compétences, mais aussi à la dynamisation des projets locaux.
Pour le ministre de la Jeunesse, Abdul-Fahd Fofana, le volontariat demeure un instrument puissant de transformation. « Le volontariat n’est pas une simple œuvre de charité, mais un véritable moteur de changement, d’innovation, d’inclusion sociale et de résilience face aux défis mondiaux », a-t-il souligné lors de la JIV.
Mais que deviennent les volontaires après leur mission ?
Derrière les chiffres, il s’impose de demander ce que deviennent les dizaines de milliers de jeunes passés par les programmes de volontariat ? Si le volontariat est une passerelle vers le monde professionnel, il ne garantit en rien l’emploi. Or, dans un contexte où le chômage, particulièrement celui des jeunes diplômés, continue de s’accentuer, la question de l’insertion professionnelle devient incontournable.
Beaucoup d’anciens volontaires témoignent d’une réalité ambivalente notamment une expérience enrichissante et formatrice, mais aussi une difficulté à trouver un emploi stable après leur mission.
Les structures d’accueil ne disposent pas toujours des moyens pour recruter, et le secteur privé reste relativement étroit. De plus, les programmes de volontariat, bien qu’utiles pour combler temporairement certains besoins, ne peuvent à eux seuls résoudre le déficit structurel d’emplois.
Volontariat : tremplin ou emploi déguisé ?
L’autre interrogation qui revient fréquemment concerne la nature même des missions confiées aux volontaires ainsi que de leur traitement salarial.
Le volontariat sert-il parfois à masquer l’insuffisance de créations d’emplois formels ?
L’intégration professionnelle reste un défi majeur et le système révèle un fossé entre la mobilisation massive et les issues concrètes en termes d’emploi.
Comment transformer donc l’expérience volontaire en véritables opportunités professionnelles ? Faut-il créer des passerelles directes entre les missions de volontariat et les recrutements publics ou privés ? Comment éviter que le volontariat ne devienne un palliatif à la création d’emplois pérennes ?
Le volontariat reste un outil précieux pour la communauté et un laboratoire d’apprentissage pour les jeunes. Mais pour qu’il devienne un vrai moteur d’insertion, les politiques publiques devront s’attaquer au cœur du problème : l’insuffisance d’emplois durables.
Tant que cette équation ne sera pas résolue, le Togo pourra célébrer la mobilisation de 80.000 volontaires… mais devra encore répondre à la question de l’emploi permanent.
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