ADDI, CAR, la DMP (CDPA, DSA, LA RACINE, MJS, ALCADES, FDP, ADMIS, GAMESU, GALAXY), PSR, les DÉMOCRATES, LDP et le MMLK dénoncent la répression des manifestations de 6 juin 2025. Ces partis politiques et des formations de la société civile s’unissent pour dire non à ce qu’ils qualifient de « dérive autoritaire » du régime. Les signataires saluent lé sursaut citoyen des jeunes togolais et considèrent la mobilisation du 6 juin comme un tournant majeur, symbole d’une indignation longtemps contenue.
Les partis politiques et les organisations issues de la société civile demandent la fin de la répression contre les manifestations publiques au Togo. Dans une déclaration datée du 10 juin dernier, quelques jours après les manifestations spontanées du 6 juin 2025, ils dénoncent ce qu’ils qualifient de « dérive autoritaire » du régime.
Dans les rues de Lomé, vendredi 6 juin 2025, des manifestations spontanées avaient eu lieu à la suite de l’arrestation de Narcisse Essowoè Tchalla, alias Aamron, un artiste rappeur engagé dans la lutte politique sur les réseaux sociaux. Il s’agit pour les signataires, d’une colère profonde populaire face à la « dérive autoritaire » du régime en place, à travers l’imposition controversée de la 5e République. Ils dénoncent une « gouvernance autoritaire », marquée selon eux, par l’injustice sociale, la pauvreté endémique, le mépris des aspirations citoyennes et l’usage récurrent de la force contre les voix dissidentes. La DMP et ses co-signataires saluent le sursaut citoyen incarné par la jeunesse togolaise, déterminée à exprimer sa désapprobation dans la rue. « Cette mobilisation du 6 juin restera dans l’histoire comme un tournant majeur, symbole d’une indignation longtemps contenue », disent-ils.
Ils rappellent que le régime a été maintes fois averti des dangers d’un « entêtement autoritaire » et citent en exemple l’appel des évêques du Togo, en date du 26 mai 2025 comme un dernier avertissement . Selon eux, le pouvoir en place doit savoir que le mouvement actuel dépasse une simple crise passagère. « Il s’agit d’un basculement profond que ni les manipulations politiques ni la répression policière ne sauraient contenir », soulignent-ils. Ainsi, ils regrettent que le gouvernement ait ignoré les alertes répétées des partis politiques, qui tentaient depuis longtemps de prévenir une telle crise. Devant la gravité de la situation, les signataires appellent à une prise de conscience nationale et à une action responsable.
En outre, ces partis politiques et sociétés « condamnent fermement les nombreuses arrestations » opérées depuis le 6 juin et exigent la libération immédiate de toutes les personnes interpellées pour avoir exprimé leur ras-le-bol face à une « gouvernance qu’ils jugent chaotique ». Aux blessés, ils expriment leur soutien et leur souhaitent un prompt rétablissement.
A la jeunesse togolaise, les signatures lui adresse des félicitations pour sa « mobilisation pacifique » et leur l’engagement des activistes en exil qui ont contribué à faire entendre cette cause au-delà des frontières, ainsi que les groupes socioprofessionnels pour leur implication.
Ils exhortent le régime à mesurer l’ampleur de la crise et à prendre des décisions en conséquence, dans l’intérêt de la nation. Envers les partenaires du Togo , ils demandent à jouer leur partition afin de mettre fin à la « répression étatique ». Les organisations mettent en garde contre la répétition des tragédies nationales, comme celles de 2005.
Enfin aux composantes de la société togolaise notamment les forces vives, les forces de défense et de sécurité, les femmes des marchés, les travailleurs ruraux, les citoyens de l’intérieur comme ceux de la diaspora, ils demandent un soutien à la jeunesse déterminée et digne dans son combat.