Lancé en mars 2024, le programme national de construction de 21 ponts mixtes modulaires est présenté comme une initiative phare du gouvernement pour booster le désenclavement des zones rurales. Ce projet ambitieux, qui vise à faciliter l’accès aux services de base et à améliorer l’écoulement des produits agricoles, a atteint un taux d’avancement physique de 44,9 %, selon le ministère chargé du désenclavement et des pistes rurales.
Cependant, comme c’est souvent le cas pour ce type de programme, des inquiétudes commencent à émerger quant à la tenue des délais. Si les travaux ont été lancés en grande pompe, notamment avec la pose symbolique de la première pierre du pont d’Ogou-Kolidè par le président Faure Gnassingbé, les craintes d’une accélération précipitée à l’approche des prochaines échéances électorales sont palpables. Ce pont, prévu pour être le plus long de tous avec ses 120 mètres, est emblématique du projet, mais son rythme d’exécution sera observé de près.
Conduits par le groupement français Matière, les travaux couvrent 17 préfectures, dont 7 dans l’Est-Mono, particulièrement touchées par l’enclavement. D’après le ministère en charge des pistes rurales, ces infrastructures adoptent une technologie innovante de type Unibridge, permettant un assemblage rapide sur site. Malgré cette efficacité annoncée, les critiques rappellent qu’il est courant de voir ce type de projets s’intensifier uniquement à la veille des élections, après des débuts marqués par des cérémonies grandioses mais peu de progrès tangibles.
Faure défend son bilan en infrastructures routières
Dans son discours de vœux à la nation, le Chef de l’Etat a dressé un bilan en matière d’infrastructures routières. Selon ce bilan, depuis 2020, le pays a réalisé des avancées significatives avec plus de 1 900 kilomètres de pistes ouvertes ou réhabilitées chaque année. Le défi reste donc de maintenir un rythme soutenu pour livrer les 21 ponts promis dans des délais raisonnables, en évitant de tomber dans les travers habituels des promesses non tenues.