La FNCVTT lance la première édition du Festival international des cultures et spiritualités ancestrales afro-togolaises

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Longtemps réduit à des clichés et souvent associé à des représentations négatives, le vodou entend aujourd’hui reprendre sa place dans le récit culturel africain. Au Togo, la Fédération nationale des Cultes Vaudous et des Traditions du Togo (FNCVTT) prépare la première édition du Festival international des cultures et spiritualités ancestrales afro-togolaises, prévue en janvier 2027 à Lomé. À travers cet événement, les organisateurs souhaitent mettre en lumière la richesse historique, culturelle et spirituelle des traditions ancestrales togolaises, tout en favorisant le dialogue entre les peuples.

Le festival ambitionne de proposer un autre regard sur le vodou, présenté non pas comme une pratique liée aux superstitions, mais comme un héritage vivant porteur de valeurs telles que la mémoire collective, la transmission des savoirs, le respect de la nature et la cohésion sociale.
Une célébration de l’identité culturelle africaine, selon la FNCVTT, cette rencontre internationale sera un espace de valorisation des cultures et spiritualités afro-togolaises à travers des conférences, des échanges culturels, des manifestations artistiques, des cérémonies traditionnelles et des rencontres entre acteurs culturels, chercheurs et détenteurs de savoirs ancestraux.
L’objectif est également de contribuer à la préservation d’un patrimoine immatériel transmis principalement par voie orale et menacé par la disparition progressive de certaines pratiques et connaissances traditionnelles.
Le vodou, une tradition ancienne du golfe du Bénin, le vodou, également écrit vaudou, est une religion traditionnelle originaire du golfe du Bénin, particulièrement présente au Togo, au Bénin, au Ghana et au Nigeria. Le terme « vodou », issu notamment des langues gbe comme le fon, désigne l’idée d’« esprit » ou de « divinité ».
Cette tradition repose sur la croyance en un être suprême ainsi que sur l’existence de nombreuses divinités intermédiaires appelées vodouns. Ces dernières sont associées à différents éléments de la nature, comme l’eau, la terre, la forêt, le tonnerre ou encore aux forces protectrices et aux ancêtres.
Les pratiques vodou s’expriment à travers des chants, des danses, des prières, des cérémonies rituelles et des transmissions de connaissances entre générations. Le tambour occupe une place centrale dans plusieurs cérémonies, accompagnant les rythmes et les expressions spirituelles des communautés pratiquantes.
La mémoire des ancêtres au cœur de la spiritualité, au-delà des rites religieux, le vodou représente également un système culturel et social. Le culte des ancêtres y occupe une place importante : les anciens disparus sont considérés comme des figures de sagesse et des intermédiaires entre le monde des vivants et celui des esprits.
La transmission orale des récits fondateurs, des mythes, des symboles et des pratiques traditionnelles constitue un élément essentiel de cette spiritualité, qui participe depuis des siècles à l’organisation sociale de nombreuses communautés du golfe de Guinée.
Une histoire qui dépasse les frontières africaines, avec les déplacements forcés liés à la traite négrière transatlantique, certaines pratiques issues du vodou ont traversé l’océan Atlantique et ont influencé différentes traditions spirituelles dans les Amériques et les Caraïbes, notamment le vaudou haïtien et le candomblé au Brésil.
Ces héritages témoignent de l’importance historique des cultures africaines dans la construction de nombreuses identités culturelles à travers le monde.
Vers une reconnaissance culturelle renforcée
Au Togo, le vodou demeure une composante du paysage religieux et culturel national. Alors qu’il a longtemps été présenté sous un angle négatif dans certains discours, ses défenseurs souhaitent aujourd’hui réhabiliter son image et rappeler sa dimension patrimoniale.
Avec ce festival prévu en janvier 2027, la FNCVTT veut ouvrir un espace de dialogue autour des traditions ancestrales africaines et encourager une meilleure compréhension de ces pratiques, entre respect des croyances, valorisation culturelle et préservation de la mémoire collective.
À travers cette initiative, le Togo entend ainsi rappeler que ses spiritualités ancestrales font partie intégrante de son histoire et de son identité culturelle.

Manuela AGNRAM

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