Au Togo, les Autorités font des Médias des acteurs clés dans la lutte pour la protection des données à caractère personnel. Pour ce faire, lundi 23 février 2026, s’est ouvert la deuxième phase des ateliers d’information et de formation à l’endroit de plus d’une quarantaine de professionnels des médias de la région maritime, à Notsé. Cette rencontre, axée autour du thème : « Rôle des médias dans la promotion d’une culture de protection des données personnelles », a été ouverte par le Préfet de Haho, en présence du Président de l’instance de protection, des Autorités locales et des représentants de la Haute Autorité de Régulation de la Communication (HARC). L’initiative, portée par l’Instance de Protection des Données à Caractère Personnel (IPDCP), vise à renforcer la compréhension, par les professionnels des médias, des enjeux liés au traitement des données personnelles, afin d’améliorer leurs pratiques professionnelles et leur rôle de relais dans la sensibilisation du public. L’étape de la Maritime a offert un cadre de réflexion, d’échanges d’expériences et de connaissance du cadre juridique sur la thématique de la protection des données à caractère personnel ainsi que du rôle qui incombe aux médias.
Réfléchir sur la protection des données, le rôle des médias, la connaissance des textes applicables en la matière, la découverte de l’IPDCP et le renforcement des capacités professionnelles. Tels sont les axes majeurs de cette rencontre. Il s’agit de promouvoir le respect de la vie privée et la liberté d’expression, et surtout de communiquer sans violation des droits des citoyens dans le traitement des informations.
Soulignant l’importance du rôle des professionnels des médias dans cette lutte, le représentant du Maire de Haho 1 a indiqué que la protection des données personnelles s’impose comme une nécessité. Pour lui, cette rencontre constitue une « opportunité d’échange » pour une pratique médiatique responsable et conforme aux exigences.
Pour le représentant du Président de la HARC, cette démarche « renforce l’engagement à protéger la vie privée et la dignité ».
De son côté, le président de l’IPDCP a insisté sur la nécessité d’accompagner tous les acteurs. « Toute collecte et tout traitement des données à caractère personnel respectent la loi », a-t-il rappelé en soulignant le rôle déterminant des médias dans ce processus.
Dans la première communication relative au cadre juridique, il a été mentionné que chaque image, chaque interview, chaque publication numérique peut contenir des données personnelles. D’où, selon les responsables de l’IPDCP, l’importance de renforcer la compréhension du cadre juridique des médias. Il est articulé autour de trois (03) dimensions, à savoir leur rôle d’éducateur, de vitrine et de modèle d’exemple. « Être professionnel des médias, c’est aussi protéger la vie privée », a martelé le Colonel Belei Bediani, premier responsable de l’IPDCP. Il a par ailleurs souligné que la diffusion de l’information se conjugue avec le respect de la vie privée et la liberté d’expression. « La manipulation de l’information peut briser la vie des gens ainsi que leur carrière. L’éthique et le cadre juridique demeurent donc essentiels », a indiqué le formateur.

L’objectif est de promouvoir un modèle de pratique médiatique responsable et éthique et de poser un jalon de collaboration entre l’IPDCP et les médias, afin d’ancrer la connaissance et le réflexe dans la production et la diffusion des informations sans violation des vies privées.
Un cadre juridique qui rime avec les engagements internationaux
Le cadre juridique adopté par le Togo répond aux engagements pris par le pays, notamment la résolution de l’Assemblée générale des Nations Unies A/RES/95 portant sur les « principes directeurs pour la réglementation des fichiers personnels informatisés », la Convention de Malabo et l’acte additionnel de la CEDEAO.
Ainsi, en 2019, le Togo a adopté la loi n° 2019-014 du 29 octobre 2019 relative à la protection des données à caractère personnel ainsi que le décret 2020-111/PR portant organisation et fonctionnement de l’IPDCP.

Cette loi s’applique à toute collecte, tout traitement, toute transmission, entre autres. Selon les textes, une donnée à caractère personnel est une information relative à une personne physique identifiée ou identifiable directement ou indirectement par référence à un numéro d’identification. On distingue deux types de données à caractère personnel, notamment les données courantes et celles perçues comme sensibles.
Pour se conformer à la loi, il est rappelé que le responsable de traitement doit se conformer à trois régimes. Il s’agit du régime de déclaration, de demande d’autorisation et du régime de demande d’avis.
Pour les médias, les données traitées sont relatives à l’identification, aux données professionnelles et aux données sensibles. La loi oblige les responsables de traitement des données à la confidentialité, à la sécurité, à la conservation et à l’obligation de pérennité. Elle exige aussi de recruter un correspondant ou conseiller chargé de veiller au respect des règles relatives à la protection des données personnelles.
Côté personnes dont les données personnelles font l’objet d’un traitement, elles ont droit à l’information, au droit d’accès, d’opposition, de rectification ou de suppression, au droit à l’effacement et au droit à la sauvegarde des données après la mort.

À propos de l’IPDCP
Autorité administrative indépendante, l’IPDCP dispose d’un pouvoir de contrôle, d’injonction, de sanction et de prise de mesures. Elle dispose d’organes dédiés à l’accomplissement de ses missions.
L’IPDCP a pour mission de veiller à la conformité du traitement des données à la loi, avec une mission d’appui-conseil, de sensibilisation et d’accompagnement. Cette série de formations, prévue sur toute l’étendue du territoire national, entend promouvoir une culture de protection des données personnelles au sein des médias togolais, acteurs incontournables de la vie étatique.
Cette rencontre de Notsé constitue la deuxième étape, après celle de Tsévié.
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