Mécanisation agricole au Togo : entre annonces officielles et réalités du terrain, la faussé est grande

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A coups de milliards annoncés, de machines agricoles présentées aux yeux du monde et de cérémonies de remise largement médiatisées, l’agriculture togolaise semble engagée sur la voie de la modernisation. Pourtant, sur le terrain, la réalité demeure bien différente. Le secteur reste majoritairement une agriculture de subsistance, encore loin de l’essor attendu, malgré les budgets croissants qui lui sont consacrés chaque année.

Dans les campagnes, les paysans continuent de travailler avec des moyens de production rudimentaires. La houe et la daba restent les outils dominants pour une grande majorité de producteurs, limitant les rendements et la capacité de transformation du secteur. À ces contraintes structurelles s’ajoutent les difficultés persistantes d’accès aux marchés. Dans de nombreuses localités, l’impraticabilité des pistes rurales complique l’acheminement des produits vers les pôles de vente, accentuant les pertes post-récoltes et décourageant les initiatives de production à plus grande échelle.

A quoi servent donc l’énorme budget et subventions alloués au ministère de l’agriculture ? 25 organisations de producteurs de la région des Savanes ont été dotées de motoculteurs destinés à renforcer leurs capacités de production et à contribuer à la sécurité alimentaire. L’initiative s’inscrit dans le cadre du Programme de résilience du système alimentaire en Afrique de l’Ouest (FSRP-Togo) et du Programme d’urgence de renforcement de la résilience et de la sécurité des communautés (PURS), cofinancés par l’État togolais et la Banque mondiale. Ces actions bien que salutaires n’impactent pas véritablement la transformation agricole au Togo.

Selon les responsables, ces équipements visent non seulement à améliorer la productivité agricole, mais aussi à promouvoir des pratiques durables et à renforcer la résilience des populations face aux chocs économiques et climatiques. « À travers ces matériels, le gouvernement a opté pour la souveraineté alimentaire en promouvant la mécanisation de l’agriculture », a souligné Konlani Dindiogue, directeur de cabinet du ministère en charge de l’agriculture.

Avant la remise officielle, les bénéficiaires ont été formés à l’Institut national de formation agricole (INFA) de Tové sur l’exploitation et la gestion des équipements, afin d’en garantir une utilisation optimale. Une précaution saluée, dans un pays où plusieurs machines distribuées par le passé ont fini hors d’usage faute de maintenance ou de compétences techniques.

Par ailleurs, dans le cadre de la modernisation agricole, le Togo a entrepris la construction de centres de mécanisation dans plusieurs régions. Six centres sont annoncés sur l’ensemble du territoire. Mais au-delà des chiffres et des annonces, ces initiatives suffiront-elles à transformer en profondeur un secteur toujours confronté à des obstacles structurels majeurs ? Tant que l’accès aux marchés, aux routes rurales et aux financements adaptés restera limité, la mécanisation risque de demeurer symbolique, sans réel impact sur les conditions de vie des producteurs.

228news.

 

 

 

 

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