Malgré les campagnes de sensibilisation, les visites techniques obligatoires, les contrôles routiers et les sanctions, les accidents de circulation demeurent un fléau au Togo. Au-delà du facteur humain, , de plus en plus de voix pointent du doigt, le mauvais état des routes.
Pour de nombreux usagers dont la plupart vivent l’expérience extérieures , le pays ne dispose pratiquement pas de routes dignes de ce nom. L’étroitesse de certaines voies, l’absence d’autoroutes, la prolifération de nids-de-poule et le manque criard d’entretien fragilisent considérablement la sécurité routière. Les récents accidents de route impliquant de grandes sociétés de transport comme Nagodé Transport ou encore Solim ravivent cette thèse selon laquelle, plus de la moitié des accidents seraient liés directement ou indirectement aux infrastructures routières. Ces sociétés quoi qu’on peut les reprocher, ne seraient pas accusées de défaut de visite technique ou quoi que ce soit.
Une tendance haussière des cas d’accident
Les chiffres officiels parlent . En 2022, le Togo a enregistré plus de 7 500 accidents, causant 683 décès et près de 10 000 blessés. En 2023, le premier semestre a comptabilisé déjà 3 262 accidents, 282 morts et plus de 4 600 blessés. Ces bilans récurrents montrent que la tendance ne faiblit pas malgré les dispositifs de prévention mis en place. L’état des routes serait donc l’autre thèse qui expliquerait les causes récurrentes des accidents.
Que valent donc les milliards investis dans les infrastructures ?
Face à cette situation, les regards se tournent naturellement vers les investissements consentis dans le secteur routier. Entre 2010 et 2018, près de 680 milliards de francs CFA ont été injectés pour la réhabilitation, l’aménagement et le bitumage de plus de 800 kilomètres de routes ainsi que pour la réalisation d’ouvrages d’art. En 2024, près de 85 milliards de francs CFA, soit presque la totalité du budget du ministère des Travaux publics, ont été affectés aux infrastructures routières avec l’objectif de bitumer environ 200 kilomètres supplémentaires. Que dire du budget d’entretien, élément clé pour assurer la durabilité des ouvrages, un rôle attribué à la SAFER . En 2025, il s’élève à 13,3 milliards et les besoins réels sont estimés à 41 milliards.
Ces constats soulèvent des interrogations sur la qualité des travaux exécutés et sur l’utilisation des ressources publiques. Si la construction de nouvelles routes et la modernisation des axes existants sont essentielles, leur entretien régulier apparaît tout aussi crucial pour éviter que les infrastructures ne se dégradent prématurément.
A l’heure où la mobilité constitue un levier essentiel du développement économique et social, l’état des routes togolaises interpelle. Il appelle à une gestion plus rigoureuse et transparente des fonds investis, mais aussi à une planification durable et ambitieuse pour réduire le nombre d’accidents qui endeuille chaque année des centaines de familles.
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