La décision du Conseil constitutionnel ivoirien relative à la validation des candidatures pour la prochaine élection présidentielle suscite de vives réactions dans la classe politique. Entre accusations d’« anticonstitutionnalité », dénonciations d’« incohérences » et marques de satisfaction, le verdict de l’institution divise profondément. Certains candidats retenus comme Simone Ehivet Gbagbo se félicitent et parlent de victoire d’étape.
Pour Tidjane Thiam, leader du Parti démocratique de Côte d’Ivoire-Rassemblement démocratique africain (PDCI-RDA), les Ivoiriens se retrouvent face à « un véritable plébiscite organisé du président sortant, pour un quatrième mandat anticonstitutionnel ». Une position partagée par le Parti des peuples africains de Côte d’Ivoire (PPA-CI), dont le président exécutif, Sébastien Dano Djédjé, se dit « déçu » par une décision qu’il juge « pleine de contradictions ». «J’attendais que le juge dise le droit. On ne sait pas par quelle alchimie le Conseil constitutionnel est parvenu à éliminer les parrainages de Laurent Gbagbo », s’est-il moqué.
Même son de cloche du côté de l’indépendant Antoine Tiémoko Assalé, député de Tiassalé. Tout en prenant acte du rejet de sa candidature, il dénonce de « graves incohérences » : « plus de 7 165 parrainages ont disparu du décompte du Conseil constitutionnel ». Pour lui, une réforme du système de parrainages s’impose, afin qu’il ne devienne pas « un outil d’élimination arbitraire des candidats ».
Si ces invalidations font grincer des dents, elles suscitent aussi des satisfactions chez les candidats retenus. L’ancienne première dame, Simone Ehivet Gbagbo, s’est dite « très émue », tout en saluant « le Conseil constitutionnel qui a fait son travail avec sérieux, en donnant à chaque fois les détails qui ont motivé ses décisions ». « C’est du bon travail », a-t-elle affirmé.
Le camp présidentiel ne cache pas non plus sa satisfaction. Kobénan Kouassi Adjoumani, porte-parole du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP), a rappelé que, dès 2020, l’institution avait estimé que la Constitution de 2016 remettait à zéro le compteur des mandats présidentiels. « Notre candidat, le chef de l’État Alassane Ouattara, va aborder le deuxième mandat de la IIIᵉ République. Le Conseil constitutionnel a dit le droit », a-t-il souligné.
Ainsi, alors que les positions se polarisent, la campagne électorale s’annonce sous haute tension, dans un climat politique déjà marqué par la méfiance et la défiance vis-à-vis des institutions.
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