Togo : les rues suffiront-elles pour défier Faure Gnassingbé ?

Partager cet article via

Facebook
WhatsApp
Telegram

Les rues togolaises pourraient à nouveau vibrer au rythme des manifestations politiques . Alors que le climat politique reste tendu, les opposants à Faure Gnassingbé ne désarment pas. Après la mobilisation spontanée du 6 juin 2025, organisée comme un « cadeau » pour les 59 ans du Président du Conseil des ministres du Togo, de nouvelles manifestations sont annoncées pour les 26, 27 et 28 juin.

Ces trois dates, sur lesquelles planent de nombreuses interrogations, pourraient marquer un tournant dans l’histoire politique du pays. Les initiateurs de ces manifestations entendent exiger, une fois de plus, le départ du président Faure Gnassingbé, au pouvoir depuis 2005. La colère gronde, et la défiance semble atteindre un chemin de non retour, à en croire les organisateurs .

Des coulisses aux rues : un plan en préparation ?

Dans un message relayé sur les réseaux sociaux, Egountchi Behanzin, présenté comme le commandant en chef de la LDNA (Ligue de Défense Noire Africaine) et de la BRDP (Brigade de Répression du Dictateur Présidentiel), annonce les couleurs pour ces trois (03) dates.

Sur sa page Facebook, on pouvait lire : «Poutine est d’accord. Cher peuple du Togo, rendez-vous les 26, 27 et 28 juin. Le régime nazi de Faure Gnassingbé vit ses derniers moments. Nous allons le faire. Restons concentrés et ne nous laissons pas distraire par les bavardages inutiles des plaisantins affamés sur les réseaux sociaux. Tout se passe en coulisse ; c’est là-bas que les grands hommes discutent. Comprendra qui pourra. »

Ce discours martial, teinté de mystère, laisse entendre que des tractations de haut niveau seraient en cours, en dehors de la scène publique. Mais ces appels suffiront-ils à réveiller la rue togolaise et faire chuter Faure Gnassingbé du haut de la fauteuil présidentielle ?

Du déjà-vu ?

L’histoire politique récente du Togo rappelle que ce type de mobilisation n’est pas inédit. En 2017, le pays avait déjà connu une série de manifestations de grande ampleur, sous la houlette du Parti National Panafricain (PNP) de Tikpi Atchadam. À l’époque, les revendications étaient similaires. Il s’agissait du départ de Faure Gnassingbé et le retour à la Constitution de 1992. Si l’élan avait été fort au départ, la répression et l’essoufflement progressif du mouvement avaient finalement conduit à un échec.

Aujourd’hui, la situation est-elle différente ? Les réseaux sociaux ont bouleversé les modes d’organisation et de mobilisation, mais la question de l’impact réel sur le terrain reste entière. Une mobilisation virtuelle peut-elle réellement se traduire par une dynamique politique décisive ?

Mais que cachent vraiment les dates du 26, 27 et 28 juin ?

À ce stade, difficile de dire ce qui rend ces dates si spéciales. Aucun événement politique majeur connu n’est historiquement associé à cette période dans le calendrier togolais. S’agit-il d’un simple choix stratégique ? Ou ces dates ont-elles une signification connue des seuls initiés du mouvement ? Le flou entretenu autour de ces journées contribue sans doute à maintenir l’attention et à nourrir l’attente.

En attendant, les regards sont tournés vers ces trois jours annoncés comme décisifs. L’opposition saura-t-elle créer un véritable rapport de force ? Ou assistera-t-on à une nouvelle démonstration de force réprimée et oubliée comme par le passé ? Mais les rues suffiront-elles pour défier Faure Gnassingbé ? Une chose est sûre : les Togolais retiennent leur souffle.

228news

 

 

 

 

 

 

 

 

 

À Lire aussi

Défection au sein de la DMP : la preuve d’une limite du combat de l’opposition à l’alternance ?

une indépendance célébrée dans l’exclusivité

Le Togo en fête avec des distinctions, des inaugurations et le traditionnel défilé

Contrôle sanitaire aux frontières : Jean-Marie Koffi Ewonoule TESSI durcit le ton contre les raquettes

Development : le Togo met sa diaspora à contribution via une stratégie nationale de mobilisation

Burkina Faso : les autorités abrogent les décrets portant nomination à la CNDH

L’opposition et la société civile renforcent leur unité et appellent à une mobilisation nationale le 9 mai

Cadre national de concertation pour le changement (CNCC) : réveil des vieux démons ou un renouveau ?

14ᵉ anniversaire du parti UNIR : et si Dieu était témoin contemporain de nos limites ?