Togo : Gilchrist Olympio, le pari d’une présidence, symbole de réconciliation nationale ?

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A quelques jours de l’entrée en vigueur definitive de la Cinquième République togolaise, l’identité du futur Président de la République reste l’un des derniers mystères du nouveau système institutionnel. Si le poste de Président du Conseil des ministres devrait sans surprise revenir à Faure Gnassingbé, comme l’a confirmé le ministre Gilbert Bawara, celui de Président de la République désormais honorifique, demeure inconnu. Cependant un nom raisonne dans la tête de plusieurs observateurs de la scène politique togolaise. Il s’agit de celui de Gilchrist Olympio. Ancien opposant farouche au régime en place, figure historique de la vie politique togolaise et fils du premier président du pays, il pourrait incarner cette nouvelle fonction au rôle symbolique.

Prix d’un acte politique osé en 2010 ?

Après des années passées à incarner l’opposition radicale au pouvoir du Général Président Gnassingbé Eyadema puis à celui de Faure Gnassingbé, Gilchrist Olympio a surpris en 2010 en signant un accord politique avec le régime de ce dernier , au lendemain de l’élection présidentielle. L’Union des Forces de Changement (UFC), son parti, jusque-là en opposition frontale, entre alors dans un gouvernement d’ouverture.

Un choix salué par certains comme un acte de courage politique et vivement critiqué par d’autres, notamment au sein même de son camp. Mais cette décision a marqué une rupture dans la trajectoire du pays et a facilité un climat politique apaisé et la reprise de la coopération avec les partenaires occidentaux, une coopération jusque-là gelée .

Une voix respectée, malgré les critiques

En 2018, l’UFC obtient sept sièges à l’Assemblée nationale, ce qui confère à Gilchrist Olympio le statut de chef de file de l’opposition. Il conserve sa nouvelle ligne de conduite à savoir le dialogue et l’apaisement au détriment d’une opposition de rupture. Ainsi, malgré les départs au sein de ses rangs et les accusations de compromission, il reste fidèle à son engagement pour une gouvernance apaisée et inclusive.

Gilchrist futur Président du Togo ?Une confidence à demi-mots d’Abass Kaboua qui plante le décor

C’est une déclaration qui a ravivé les spéculations. Invité en mars dernier sur la chaîne panafricaine New World TV, le sénateur Abass Kaboua a laissé entendre qu’un acteur clé de la paix pourrait être appelé à occuper la présidence de la République. « Je vais voter pour celui qui a beaucoup fait pour ce pays, pour celui qui a amené la paix aux côtés du Président de la République », a-t-il déclaré, sans donner de nom.

Il s’agirait de Gilchrist Olympio, à en croire plusieurs analystes . En effet, son audace politique conjugué avec l’ouverture de Faure Gnassingbé , ont contribué à apaiser le paysage politique togolais.

Une présidence sans pouvoirs, mais pleine de sens

Dans la nouvelle architecture de la Cinquième République, la fonction de Président de la République ne dispose plus de pouvoirs . Elle devient honorifique. Mais dans un pays marqué par des décennies de tensions politiques, le choix de Gilchrist Olympio revêtirait une portée hautement symbolique. Il s’agit de celle de la réconciliation et de la reconnaissance d’un acteur ayant contribué à pacifier la vie politique togolaise.

Appelé affectueusement « FoGil », l’homme qui fut longtemps, figure emblématique non seulement de l’opposition mais aussi de la politique togolaise, pourrait ainsi devenir le visage d’un Togo uni et stable . Une boucle politique qui se referme sur une note d’apaisement, alors que le pays entre dans une nouvelle ère institutionnelle.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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