Sénatoriales au Togo : l’opposition entre boycott et participer , se fragilise davantage

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Au Togo, la division entre les acteurs politiques de l’opposition est loin de finir. Les élections sénatoriales est la question qui vient fragiliser davantage les opposants au régime de Faure Gnassingbé. Les fidèles à la stratégie de boycott incarnés par une partie de l’ANC de Jean-Pierre Fabre, Brigitte Kafui Adjamagbo et Dodji Apevon. De l’autre côté, le camp hostile à la stratégie de boycott mené par Prof Wolou Komi du PSR, Aimé Gogué, le CAR , le MPDD ou encore le NID… Qu’on soit d’un camp ou d’un autre, l’opposition, cette question rend de plus en plus faible l’opposition et renforce le parti au pouvoir.

Boycott : une vieille méthode infructueuse

Longtemps, l’opposition togolaise a fait du boycott électoral une arme contre le régime en place, en estimant que les conditions d’organisation des élections ne garantissaient pas une compétition équitable. Pourtant, force est de constater que cette stratégie n’a pas produit les résultats escomptés. Ce qui se traduit souvent par un affaiblissement de son poids politique et un renforcement du pouvoir en place. Les togolais s’en souviendront toujours comme si c’était hier, le boycott des élections législatives de décembre 2018. L’opposition avait appelé ses militants à ne pas aller se faire établir leurs cartes d’électeurs. La suite lui a été fatale : Beaucoup des électeurs qui se réclament de l’opposition , n’avaient pas leur carte pour voter lors des municipales de 2019 et de la présidentielle de 2020. Les résultats étaient catastrophiques.

Des leçons apprises ?

Aujourd’hui, une partie des opposants semble avoir tiré des leçons du passé. Plusieurs partis, dont une fraction de l’Alliance Nationale pour le Changement (ANC) menée par Robert Olympio, le Pacte Socialiste pour le Renouveau (PSR) du professeur Wolou Komi, l’Alliance des Démocrates pour le Développement Intégral (ADDI) , le Mouvement Patriotique pour la Démocratie et le Développement (MPDD) ou encore le NID, ont décidé de tourner le dos au boycott. Certains ont même franchi le pas en présentant des candidatures aux élections sénatoriales prévues pour le 15 février prochain. D’autres y sont candidats à travers des formations indépendantes.

Une opposition toujours divisée

Malgré cette dynamique, une autre frange de l’opposition continue de s’accrocher à la logique du boycott. La Dynamique pour la Majorité du Peuple (DMP), les Forces Démocratiques pour la République (FDR) ainsi qu’une autre aile de l’ANC refusent de participer aux prochaines échéances électorales. Ils considèrent comme toujours, que les conditions ne sont pas réunies pour une compétition transparente et équitable.

Faut-il rester en dehors du système en signe de protestation, ou faut-il y participer pour tenter d’y peser de l’intérieur ? Pour Gabriel Sssouvi Dosseh Agnron du parti Le NID, l’approche doit être plus nuancée. « Notre parti n’a certes pas présenté de candidats, mais cela ne veut pas dire que nous sommes dans la logique du boycott », a-t-il déclaré.

Ce débat interne à l’opposition togolaise pourrait redéfinir son avenir politique. Si la participation aux élections semble désormais privilégiée par plusieurs formations, la question de la crédibilité du processus électoral et des réformes institutionnelles reste un enjeu majeur. L’opposition parviendra-t-elle à adopter une stratégie commune et efficace face au pouvoir en place ?

Les résultats des élections sénatoriales du 15 février donneront sans doute un premier indice sur l’impact de ce changement de cap et sur la capacité de l’opposition à peser sur le paysage politique togolais.

El bicho

 

 

 

 

 

 

 

 

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