Le phénomène du démarchage judiciaire constitue un fléau dans le système judiciaire au Togo. Le constat est bien établi et dénoncé par le Garde des sceaux, Ministre de la Justice et de la Législation, Nahm Tchougli lors de la cérémonie d’installation officielle des animateurs du Bureau d’Accueil, d’Information et d’Orientation des Justiciables (BAIOJ). Bien que ce bureau mis en place soit une avancée majeure dans la lutte contre ce phénomène, il se pose des questions allant de son élargissement au traitement salarial des agents, allant à leur effectif.
Au Togo, des intermédiaires illégaux profitent de l’ignorance de nombreux citoyens concernant les procédures légales, pour leur proposer des services payants, souvent frauduleux dans les tribunaux. Ces pratiques compromettent gravement l’accès équitable à la justice et affaiblissent la confiance des citoyens envers les institutions judiciaires. C’est dans ce contexte qu’a été mis en place un bureau destiné à combattre ce système, avec une équipe d’animateurs para-juristes spécialement formés pour assister les justiciables.
Un effectif insuffisant
Cependant, ce dispositif, aussi prometteur soit-il, demeure sous-dimensionné par rapport à l’ampleur du problème dans le pays. Le nombre des animateurs installé estimé à 25 est avéré insuffisant.
Aussi , il faut, au-delà de Lomé étendre l’installation de ce bureau sur toute l’étendue du territoire où sévit le phénomène. En effet, les tribunaux situés dans les régions périphériques ou rurales sont souvent les plus touchés par ces pratiques illégales, en raison du manque d’informations et d’accès à des services d’accompagnement.
La mission des animateurs qui consiste à orienter les justiciables directement vers leurs juges, sans avoir recours à des intermédiaires illégaux, s’avère d’une importance capitale surtout dans les zones reculées où le taux d’analphabétisme est élevé. L’effectif actuel se révèle donc insuffisant pour répondre aux besoins du reste du pays, vue l’ampleur de la situation.
La problématique du traitement salarial
Un autre aspect crucial à considérer est celui de la rémunération des animateurs. Il s’agit des conditions de travail y compris un meilleur traitement salarial. Sans ces aspects, les animateurs coptés pour animer le bureau dédié pour mettre fin à la corruption, ne seront pas mis à l’abri des tentations de corruption et de démarchage. Dans un système judiciaire où la corruption peut s’infiltrer à différents niveaux, il est impératif de garantir que ces animateurs, qui sont au premier plan de la lutte contre le démarchage, soient correctement rémunérés et protégés de toute pression financière qui pourrait les amener à dévier de leur mission.
Si leur rémunération et leurs conditions de travail ne sont pas améliorées, ces animateurs risquent de devenir eux-mêmes des cibles de corruption ou d’intimidation. Une rémunération digne et des avantages attractifs seraient non seulement des moyens de les motiver, mais aussi une barrière supplémentaire contre la corruption et le renforcement de l’intégrité du bureau dans son ensemble.
El Bicho