Le 3 octobre 2024, Aného a été le théâtre d’un panel consacré à la religion traditionnelle des migrants et à la cohésion sociale. Cet événement a mis en exergue l’impact des migrations sur la spiritualité, en interrogeant les traditions et en offrant de nouvelles perspectives.
Placé sous le thème «Défis et perspectives pour une spiritualité épanouie, impacts des migrants sur les entités traditionnelles», ce panel d’échange avait pour objectif de préserver l’identité africaine et de revaloriser les valeurs ancestrales.

Les migrations, bien qu’enrichissantes pour les pratiques spirituelles, engendrent également des tensions et redéfinissent la spiritualité des communautés migrantes. Plusieurs défis ont été identifiés, tels que la perturbation des pratiques traditionnelles, le dilemme identitaire, la nécessité de préserver l’identité et la cohésion sociale, ainsi que les processus d’acculturation.
Ablam Afantchao, anthropologue, a souligné : « Les Africains, notamment les Togolais, se trouvent à un carrefour identitaire. Nous revendiquons nos racines tout en étant confrontés à de nouvelles influences culturelles. Il est essentiel d’accepter l’autre plutôt que de le rejeter, sous peine de conséquences néfastes. J’invite donc la jeunesse à promouvoir l’acceptation et la cohésion pour un vivre-ensemble harmonieux. »

Les recherches menées par le sociologue Dr. Gnenda sur un échantillon de 210 personnes (100 à Lomé, 100 dans la région des Lacs et 10 prêtres de la divinité vodou) révèlent que la religion traditionnelle en milieu Guin favorise l’épanouissement social et individuel. Cependant, cette religion fait face à la concurrence des religions étrangères et à un manque de relève parmi les fidèles. Les migrations vers l’Europe contribuent également à l’abandon de la pratique de la religion traditionnelle par les Guin, mettant ainsi en péril son avenir.
Les migrations sont également une source de compétences et d’opportunités, favorisant la croissance économique et les échanges culturels. Elles entraînent des tensions entre valeurs traditionnelles et influences contemporaines, nécessitant des adaptations.

En conclusion du panel, la prêtresse Assion Agbassah a affirmé : « Il est crucial de ne pas oublier nos racines et nos origines. L’oubli de notre identité et l’assimilation à des religions étrangères nous égarent et affectent notre conscience. Il est donc primordial de préserver et de respecter nos traditions, même en étant chrétiens. »
Moïse AKAKPO