(228NEWS/ Lomé, le 14 novembre 2018)- Les professionnels de la presse togolaise sont en formation depuis ce mardi 13 novembre 2018 à Lomé par le Haut-Commissariat à la Réconciliation et au Renforcement de l’Unité Nationale (HCRRUN). Ouverts par Mme Awa Nana Daboya, Présidente de l’institution, les travaux de cette formation vont durer six (6) jours à Lomé avant d’être rééditer à Kara.
Opportunité aux hommes de médias de comprendre la notion de justice transitionnelle, et d’avoir une connaissance claire sur la genèse et ma mission du HCRRUN, cette formation va également permettre à ces derniers de maîtriser les différentes étapes élaborées par l’institution dans la prise en charge et de l’indemnisation des victimes et de mieux comprendre le rôle qui est celui des médias dans ce processus.
Pour la présidente du HCRRUN, les médias sont des acteurs clés qui ont compris que l’édification de l’unité nationale est une œuvre commune. Elle a ainsi remercié la presse togolaise pour son accompagnement dans ce processus qui bon an mal an, conduit le Togo vers une véritable réconciliation.
Néanmoins, a-t-elle relevé, « après l’évaluation de l’étape expérimentale, et au regard des insuffisances relevées, il est apparu important de mieux outiller les acteurs clés si pour les étapes à venir, le HCRRUN veut garder le souci de l’efficacité dans le soutien et l’accompagnement que lui apportent les différents acteurs impliqués dans le processus. »
Le ministre en charge de la communication, Guy Madzé Lorenzo a, à l’ouverture des travaux, attiré l’attention des journalistes sur la grande responsabilité qu’est la leur devant l’histoire, étant des acteurs et témoins oculaires de la mise en œuvre du volet indemnisation des recommandations du programme de réparation quand le représentant du représentant résident du PNUD, Mactar Fall a pour sa part exhorté les professionnels de la presse à faire en sorte qu’à travers leurs productions et publications, l’accueil des victimes et la réaction des populations aient dans le sens de la réconciliation.
Pour les deux premières journées, les journalistes de la presse écrite ont été mis à l’honneur par un panel de trois (3) acteurs majeurs du HCRRUN. La journée d’hier a été marquée par deux (2) communications en l’occurrence la justice transitionnelle ou fondement de la lutte contre l’impunité et la genèse, le mandat et la mission du HCRRUN.
La première communication présentée par Mme Kpondzo Claudine , 2ème Rapporteur du HCRRUN a permis d’imprégner les hommes de la presse sur plusieurs réalités. La justice transitionnelle est l’ensemble des mécanismes judiciaires et non juridiques qui visent à faire sortir un pays d’un passé divisé à un avenir partagé. Elle englobe l’ensemble des mesures dites de lutte contre l’impunité. 
« Concept apparu depuis quelques décennies et qui a pour objectif de faire face à un lourd héritage des abus commis dans une société sortant d’une guerre civile en transition à la paix sortant d’un régime, elle est centrée sur la victime à laquelle on donne tout l’espace et toute l’attention pour qu’elle raconte son histoire, vécue physiquement, moralement, spirituellement et psychologiquement. », a déclaré la communicatrice.
La victime selon la CVJR englobe la catégorie de toutes les personnes bénéficiaires du programme de réparations conformément à la recommandation 34. 4 piliers fondent la justice transitionnelle en l’occurrence le Droit de savoir ou droit à la vérité, le Droit à la justice, le Droit à la réparation et les garanties de non répétition.
Le HCRRUN a retenu 5 Formes de réparation qui sont la Restitution, l’Indemnisation (code CIMA), la Réadaptation (volet psycho-médical pour les personnes parfois exclues de la société pour une réinsertion dans le tissu social), la Satisfaction et les Garanties de non répétition.
Cette communication a également permis de relever les défis, enjeux et dilemmes liés aux différents choix à opérer dans ce processus de réconciliation.
La seconde communication, présentée par le Dr Wiyao Evalo, 1er Rapporteur du HCRRUN sous la modération du Premier ministre Joseph Kokou Koffigoh, a permis de poser les bases historiques, politiques, sociologiques qui ont conduit à la mise en œuvre d’une justice transitionnelle par le Togo, les activités du HCRRUN, les résultats obtenus, Il en ressort essentiellement que le HCRRUN créé depuis 2008 n’a eu les pleins pouvoirs pour accomplir sa mission qu’à partir de 2013. Ses membres quant à eux sont nommés en décembre 2014 et œuvrent à ce jour à l’effective réconciliation des fils et filles du Togo.
Cette session de formation intervient quelques jours seulement après une destinée aux huissiers, autres acteurs clés qui œuvrent aux côtés du HCRRUN dans la mise en oeuvre de ce programme de réparation, pas de géant vers une véritable réconciliation entre les enfants du Togo pour une cohésion et paix durable.
Nous y reviendrons.
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