Une affiche promotionnelle annonçant une soirée baptisée « Festival des culs », prévue dans un établissement de nuit du quartier Avédji à Lomé, provoque depuis plusieurs jours de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux. Entre critiques sur le caractère jugé provocateur du visuel et interrogations sur les limites de la publicité destinée aux événements pour adultes, la controverse relance le débat sur la responsabilité des organisateurs dans l’espace numérique et public.
Le visuel diffusé en ligne, présentant une femme dans une posture suggestive et annonçant un concours au nom jugé polémique par plusieurs internautes, a rapidement suscité des commentaires partagés. Certains dénoncent une communication considérée comme contraire aux valeurs sociales et culturelles, tandis que d’autres évoquent la question de la liberté d’organisation des événements privés.
Une communication qui divise l’opinion publique
Au centre des critiques ne se trouve pas uniquement l’existence de la soirée, mais surtout la stratégie de promotion adoptée. Plusieurs internautes estiment que la diffusion d’une telle affiche sur les réseaux sociaux, plateformes accessibles à un large public, y compris aux mineurs, soulève des questions liées à la protection des jeunes publics.
Pour certains observateurs, les organisateurs d’événements doivent prendre en compte l’impact des contenus diffusés en ligne et veiller à ce que leur communication respecte les normes sociales et les dispositions légales en vigueur.
D’autres considèrent cependant que les événements destinés à un public adulte peuvent exister, à condition d’être clairement encadrés et de respecter les règles relatives à la publicité et à la diffusion des contenus.
Un débat sur l’encadrement des événements festifs, cette polémique remet au premier plan la question de la régulation de la communication événementielle au Togo. Avec le développement des réseaux sociaux, les affiches et campagnes promotionnelles circulent désormais rapidement auprès de publics très variés, rendant plus complexe le contrôle des contenus diffusés.
Plusieurs voix appellent ainsi les autorités compétentes à examiner les supports de communication utilisés afin de déterminer s’ils respectent les règles applicables, notamment celles liées à la protection des mineurs et à la préservation de l’ordre public.
À ce jour, aucune réaction officielle n’a encore été communiquée par les autorités concernant cette affaire.
Que prévoit la législation togolaise ?
Au Togo, l’organisation d’événements culturels, artistiques ou festifs relève de la liberté d’initiative, mais cette liberté reste encadrée par les lois en vigueur.
Le Code pénal togolais prévoit des dispositions relatives aux atteintes à la pudeur, à l’exhibition de contenus jugés obscènes dans l’espace public ainsi qu’à la diffusion de contenus susceptibles de porter atteinte aux bonnes mœurs ou d’exposer des mineurs à des images inappropriées. Selon les dispositions citées de la loi n°2015-10 du 24 novembre 2015 portant Code pénal, notamment les articles 391 à 394, certaines infractions liées aux atteintes aux bonnes mœurs peuvent entraîner des sanctions allant de six mois à trois ans d’emprisonnement et des amendes pouvant atteindre 3 millions de francs CFA, selon la gravité des faits.
Les organisateurs d’un événement ou d’une campagne promotionnelle jugés non conformes aux textes peuvent également faire face à des mesures administratives, telles qu’une interdiction ou une suspension.
Entre liberté d’expression et responsabilité publique
L’affaire de la soirée annoncée à Avédji illustre une tension croissante entre la liberté de créer et de promouvoir des événements, et la nécessité de garantir une communication respectueuse des normes sociales et de la protection des publics vulnérables.
Alors que les réseaux sociaux deviennent un outil incontournable de promotion culturelle et commerciale, la question de la responsabilité des acteurs dans le choix des images et des messages diffusés reste plus que jamais au cœur des débats au Togo.
Manuela AGNRAM