La tension monte au sein de l’Université de Lomé, où plusieurs enseignants-chercheurs ont exprimé, ce jeudi 3 juillet 2026, leur mécontentement face à un retard administratif jugé prolongé. Au total, 83 enseignants-chercheurs ont observé un sit-in pour réclamer la signature de leurs décrets de nomination, condition indispensable à la pleine reconnaissance de leur statut de professeurs titulaires.
Une mobilisation sur le campus universitaire
La mobilisation a débuté par une marche sur le campus avant de se transformer en rassemblement au grand rond-point universitaire. Les enseignants concernés, promus au grade de professeurs titulaires depuis 2021 selon les instances du Conseil africain et malgache pour l’enseignement supérieur (CAMES), affirment attendre depuis plusieurs années la finalisation de leur nomination administrative. Selon eux, cette situation crée un décalage entre leur reconnaissance académique et leur statut administratif, avec des conséquences directes sur leurs droits professionnels et financiers.
Une revendication centrée sur les décrets de nomination
Au cœur des revendications figure la signature des décrets de nomination, étape administrative jugée essentielle pour permettre aux enseignants d’accéder pleinement aux avantages liés à leur grade.
Les manifestants estiment que ce retard prolongé constitue une forme de blocage administratif. Ils rappellent que la procédure relève des autorités compétentes de l’État, et notamment de la présidence du conseil, chargée de la validation finale des nominations.
Des conséquences sur les carrières universitaires
Les enseignants-chercheurs dénoncent les effets concrets de cette situation sur leur parcours professionnel. Certains affirment que plusieurs collègues quittent la fonction publique sans avoir bénéficié de la reconnaissance administrative correspondant à leur grade. Dans les rangs des manifestants, le sentiment d’inégalité est également évoqué. Certains enseignants estiment que, dans d’autres pays africains, les promotions académiques validées par les instances universitaires sont rapidement suivies de leur reconnaissance administrative, contrairement au Togo où les délais sont jugés excessifs.
Un dysfonctionnement plus large pointé du doigt
Au-delà de la seule question des décrets de nomination, les enseignants-chercheurs dénoncent un dysfonctionnement plus global dans la gestion des carrières académiques. Ils évoquent notamment la lenteur des procédures administratives et le manque de fluidité dans la reconnaissance des acquis professionnels. Selon eux, ces blocages constituent un frein à l’attractivité de la carrière universitaire et peuvent affecter la qualité de l’enseignement supérieur ainsi que la compétitivité du système académique togolais.
Appel à une intervention des autorités
Les enseignants mobilisés estiment que la situation nécessite une intervention rapide des autorités universitaires, du ministère de l’Enseignement supérieur et des plus hautes instances de l’État afin de trouver une solution durable.
En attendant une réaction officielle, les 83 enseignants-chercheurs n’excluent pas de poursuivre leur mouvement de protestation afin d’obtenir la régularisation de leur situation administrative.
Manuela AGNRAM