Des réalisations fantômes. Des chiffres aux antipôdes de ce qui se vit sur le terrain. Voilà en quoi consiste la célébration de la Journée mondiale de l’eau 2026 par le Togo. Plusieurs localités du pays vivent encore le manque criard d’eau, surtout l’eau potable. Une réalité que les autorités n’ont jamais acceptée et préfèrent une communication avec des chiffres maquillés.
Au lieu donc de reconnaître que la politique de desserte en eau au Togo est un échec et œuvrer pour la mise en place des infrastructures adéquates susceptibles de relever les vrais défis des populations en terme d’adduction d’eau , le Togo a choisi de célébrer des chiffres fantômes. À l’occasion de la Journée mondiale de l’eau, les autorités ont ainsi mis en avant des données qui n’ont jamais été vraies, loin de refléter le vécu quotidien des citoyens.
En effet, alors que l’eau potable demeure une denrée rare dans de nombreuses localités du pays, les autorités semblent privilégier la communication autour de statistiques présentées comme des avancées significatives. Sur le papier, les taux d’accès à l’eau potable connaissent une progression encourageante et rapproche le pays de son objectif de 100% horizon 2030. Dans les faits, cependant, des milliers de Togolais continuent de parcourir de longues distances chaque jour dans l’espoir de trouver quelques litres d’eau, peu importe la qualité et souvent impropre à la consommation.
Dans plusieurs localités du pays, la quête de l’eau potable est un véritable calvaire. Inexistence d’infrastructures ou vieillissantes , et les coupures d’eau fréquentes aggravent une situation déjà critique. Ainsi donc, la célébration de la Journée mondiale de l’eau a un goût amer, tant elle contraste avec leur quotidien fait de privations et de frustrations.
Par ailleurs, au cours des trois dernières années, des montants importants ont été officiellement alloués au secteur de l’eau, notamment environ 72 milliards de FCFA en 2024, 65 milliards de FCFA en 2023 et près de 60 milliards de FCFA en 2022. Des chiffres qui, malgré leur importance, peinent à se traduire par une amélioration tangible des conditions d’accès à l’eau potable pour les populations.
Ce décalage entre les chiffres officiels et la réalité vécue pose la problématique de l’efficacité des politiques publiques en matière d’accès à l’eau. Peut-on réellement parler de progrès lorsque l’accès à cette ressource essentielle reste un luxe pour une grande partie de la population ?
Plus qu’une simple commémoration, la Journée mondiale de l’eau devrait être une occasion de réflexion et d’actions concrètes. Au-delà des statistiques, c’est le bien-être réel des populations qui doit primer. L’accès à l’eau n’est pas qu’un indicateur de développement. Elle est avant tout un droit fondamental, dont la satisfaction ne saurait se limiter à des chiffres inscrits sur du papier.
Priska