Et si Gilbert Bawara avait choisi une carrière dans le sport ? La question, à première vue audacieuse, prend tout son sens à la lumière de ses récentes prises de position sur la crise qui secoue le football africain. À travers une analyse rigoureuse de la situation au sein de la Confédération africaine de football, l’actuel ministre togolais chargé des relations avec les institutions de la République dévoile une facette insoupçonnée : celle d’un dirigeant sportif potentiel, mû par des principes de gouvernance, d’équilibre et de justice.
Dans un contexte marqué par des « moments sombres » pour le football continental, discipline pourtant érigée en puissant levier de cohésion sociale, la sortie de Gilbert Bawara tranche avec le silence ou les positions convenues. Rares sont les voix africaines, encore plus celles issues des sphères gouvernementales, à s’exprimer avec une telle clarté sur les dérives institutionnelles du sport roi. Son regard critique sur la récente décision du Jury d’appel de la CAF, perçue comme une source d’incompréhension et d’indignation, traduit une lecture qui dépasse le simple cadre juridique pour interroger les fondements mêmes de la gouvernance sportive.
Dans cette posture, se dessine le portrait d’un « Bawara sportif », éloigné des considérations strictement politiques. Un profil qui rappelle que les règles, aussi nécessaires soient-elles, ne sauraient être appliquées de manière mécanique, sans tenir compte de leur finalité : organiser harmonieusement la vie collective et préserver l’intérêt général. Lorsqu’une décision, bien que conforme aux textes, engendre un malaise profond et fragilise la confiance des acteurs, elle appelle nécessairement à une relecture critique.
Mais au-delà de l’analyse, c’est aussi une vision de la gestion qui se dégage. Celle d’un dirigeant soucieux de l’impact réel des décisions, attentif aux équilibres et aux conséquences sur l’écosystème sportif. Car quelle que soit l’issue de la procédure engagée devant le Tribunal Arbitral du Sport en Suisse, le préjudice est déjà perceptible. L’image du football africain, déjà fragilisée par des crises récurrentes, se trouve une fois de plus écornée, alimentant les interrogations sur la gouvernance de ses instances.
Enfin, cette prise de position révèle un acteur engagé pour l’apaisement. Plus qu’un simple constat, l’appel implicite est celui d’un sursaut collectif. Une invitation à tirer les leçons de cette crise pour repenser les mécanismes de décision, renforcer la transparence et, si nécessaire, situer les responsabilités. Dans cette perspective, l’espoir repose désormais sur une issue équitable et apaisée du TAS.
Ainsi, derrière l’homme politique se profile, le temps d’une analyse, l’ombre d’un dirigeant sportif averti. Et si, finalement, le football togolais et africain avait tout à gagner de réalité hybride ?
Priska