ANC/Démission en cascade: la renégate Gbodzo Afiwa, le mythe Agbeyibor Komlanvi et l’impuissance de Jean-Pierre Fabre, vers un déclin de l’empire orange ?

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Comme toute entité, l’Alliance Nationale pour le Changement (ANC) traverse l’un des moments les plus difficiles de son existence depuis sa création en 2010. Le parti enregistre une série de défections depuis quelque temps. Rien qu’au mois de mars, deux figures clés, notamment Gbodzo Afiwa Enyonam et Agbeyibor Komlanvi, respectivement maire d’Agoè-Nyivé 5 et deuxième adjoint au maire de Golfe 7, ont claqué la porte du parti.

Si un mythe entoure ces défections, la raison évoquée par la première dans sa lettre de démission, ses actions qui ont suivi les premières heures de son départ montrent clairement son engagement désormais aux côtés de ceux qu’elle combattait dans un passé récent. Le second, quant à lui, semble plus ou moins clair dans sa lettre de démission malgré le mythe qui y plane encore . Il explique son départ par un « nouvel horizon politique » qu’il souhaite explorer.

Que ce soit dans le premier cas ou le second, ces départs fragilisent-ils davantage l’ANC. Qu’est-ce qui ne va donc pas au sein du parti de Jean-Pierre Fabre ?

Gbodzo Afiwa Enyonam, désormais alliée du parti présidentiel ?

A peine démissionnée d’un parti d’opposition hostile à la réforme constitutionnelle qui fait basculer le pays dans une nouvelle République avec un régime parlementaire, Gbodzo Afiwa Enyonam se retrouve désormais en pleine promotion de cette même constitution qu’elle rejetait hier. Le maire de la commune d’Agoè-Nyivé 5 a surpris plus d’un.
Ancienne opposante déclarée à la Constitution du 6 mai 2024 à l’image de son ancienne formation , elle en est aujourd’hui l’une des ambassadrices les plus actives. A peine sa démission officialisée, la voilà engagée dans une campagne de vulgarisation et d’appropriation de ce texte fondamental, pourtant décrié et toujours vivement critiqué par ses anciens alliés.

Un revirement qui s’apparente à un agenda politique bien dissimulé. Il n’aura fallu que quelques heures pour qu’elle affiche son nouveau costume politique. La Constitution du 6 mai, dont elle fait l’apologie, est en effet initiée et soutenue par des Députés de la majorité UNIR appartenant à la précédente législature en fin de mandat. Renégat ?

S’agit-il d’un changement sincère de position ou d’un calcul politique ? Certains y voient une opportunité saisie pour intégrer de nouvelles sphères du pouvoir, quitte à renier les combats d’hier.

Agbeyibor Komlanvi : un départ assumé pour un « nouvel horizon politique » mais le mythe demeure

Contrairement à Gbodzo Afiwa Enyonam, Agbeyibor Komlanvi ne cache pas son intention de poursuivre sa carrière sous d’autres bannières. Dans sa lettre à Jean-Pierre Fabre, il exprime clairement ses désaccords avec les idéologies et les stratégies de l’ANC.

« Après une réflexion approfondie, j’ai constaté que mes convictions et objectifs personnels ne concordent plus avec l’orientation prise par notre parti. Face à ces désaccords idéologiques et stratégiques, j’ai pris la décision, certes difficile, mais nécessaire, de m’engager sur une nouvelle voie », avait-il écrit il y a quelques heures .

Si son départ semble dicté par des divergences de fond, il laisse surtout entendre qu’il pourrait évoluer sous une autre formation politique. Une mutation qui fait poser des questions : a-t-il été approché par un parti d’opposition en quête de nouvelles figures ? Créera-t-il son propre parti politique ? Ou évoluera-t-il désormais avec ses adversaires d’hier au pouvoir ? Malgré ses explications le mythe subsiste. L’avenir nous le dira.

Jean-Pierre Fabre fragilisé ?

Ces départs marquent-ils un affaiblissement de l’Alliance Nationale pour le Changement sous la direction de son guide naturel, Jean-Pierre Fabre ? L’ancien chef de file de l’opposition semble, en tout cas, peiner à retenir ses cadres. Entre les changements de cap et les ambitions individuelles, la cohésion au sein de l’ANC semble de plus en plus fragilisée. Dimanche 23 mars dernier, le parti orange avec les FDR et les organisations de la société civile ont déclenché des vraies hostilités contre la constitution du 06 mai 2024 qu’il qualifie de « coup d’Etat » et de manœuvre à donner longue vie à l’actuel Président de la République, Faure Gnassingbé au pouvoir depuis 2005.

228news.

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