L’exclusion des élèves ou enseignants impliqués dans des cas de grossesse en milieu scolaire reste la mesure répressive courante au Togo . Pourtant, malgré ces sanctions, le phénomène ne faiblit pas. Chaque année, le taux de grossesse en milieu scolaire augmente. La récente décision d’exclure quarante-trois élèves des établissements scolaires de la région éducative de Plateaux Ouest pour l’année scolaire deux-mille-vingt-quatre deux-mille-vingt-cinq relance le débat sur l’efficacité d’une telle approche.
Le Directeur de la région éducative de Plateaux Ouest, Alpha Kao Mollah, a annoncé cette exclusion en précisant que toute réinscription de ces élèves sera conditionnée par un engagement écrit de leur part et de leurs parents ou tuteurs. L’objectif est de dissuader les comportements pouvant conduire aux grossesses précoces et de garantir un cadre d’apprentissage serein aux jeunes filles. Cependant, cette approche punitive pourrait poser d’autres problèmes sociaux. Les 43 jeunes élèves pourront reverser dans l’utilisation des drogues, du vol et autres pratiques. Leur avenir semble être brisé. Un poids de plus pour la société.
Les chiffres du ministère des Enseignements primaire et secondaire montrent que les grossesses en milieu scolaire ont augmenté, passant de trois-mille-trente-six 2015-2016 à trois-mille-trois-cent-quarante-trois en 2017-2018. Ces données illustrent l’inefficacité des sanctions comme principal moyen de lutte contre le phénomène.
L’exclusion des élèves, en particulier des jeunes garçons, ne résout pas les causes profondes des grossesses précoces. Elle les éloigne du système éducatif et les expose davantage à la précarité et à la marginalisation, réduisant ainsi leurs chances de réintégration sociale et scolaire. Par ailleurs, cette mesure ne protège pas les filles concernées, qui font souvent face à des pressions sociales et familiales pouvant entraîner l’abandon scolaire.
Plutôt que de sanctionner uniquement les élèves, il est nécessaire d’adopter une approche plus globale et éducative pour lutter contre le phénomène des grossesses précoces en milieu scolaire. L’éducation sexuelle et reproductive doit être renforcée afin de sensibiliser les élèves dès le plus jeune âge à la santé reproductive et aux conséquences des rapports précoces. Une meilleure communication entre les enseignants, les parents et les élèves permettrait d’instaurer un climat de responsabilité et de prévention.
L’implication des services de santé est également essentielle pour offrir un accompagnement adapté aux élèves, en facilitant l’accès aux conseils en matière de sexualité et de contraception. La responsabilisation des communautés, notamment par l’implication des chefs d’établissement, des autorités locales et des leaders communautaires, favoriserait une approche inclusive et protectrice.
Le phénomène des grossesses précoces en milieu scolaire ne peut être combattu efficacement par des exclusions . Il est temps de repenser la lutte en privilégiant la prévention, l’éducation et l’accompagnement des élèves. Une approche plus humaine et inclusive offrirait de meilleures perspectives aux jeunes et contribuerait réellement à la réduction du fléau.
El bicho