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Vente en détail de la cigarette: Les conséquences au centre d’une étude de l’ANCE-TOGO

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L’Alliance pour le Contrôle du Tabac en Afrique (ATCA), avec le soutien de Campaign for Tobacco‐Free Kids (CTFK), s’est associée à des organisations de la société civile à l’instar de l’Alliance Nationale des Consommateurs et de l’Environnement (ANCE-Togo) dans 10 pays (Burkina Faso, Cameroun, Tchad, Côte d’Ivoire, Ghana, Kenya, Niger), Nigeria, Togo et Ouganda) pour enquêter sur la vente en détail de cigarettes.

La consommation de tabac demeure un problème de santé publique majeur et une menace sérieuse pour le développement des pays du monde entier. Malheureusement, les compagnies de tabac semblent plus soucieuses de faire des profits en faisant fumer autant de gens que possible, à côté des conséquences graves sanitaires, sociales, économiques et environnementales de l’usage du tabac.

L’Afrique, qui devient rapidement un important centre d’affaires pour les multinationales du tabac, se compose principalement de pays à revenu faible ou intermédiaire caractérisés par des politiques de lutte antitabac faibles, mal appliquées et, dans certains cas, inexistantes. Les compagnies du tabac exploitent ce faible environnement politique pour cibler les populations africaines avec une commercialisation agressive de leurs produits.

Depuis une dizaine d’années, des efforts sont déployés pour sensibiliser les gens aux dangers de la consommation de tabac et aux stratégies multiples utilisées par l’industrie du tabac pour commercialiser ses produits à travers le continent. Les organisations de la société civile (OSC) travaillant pour arrêter la propagation de l’épidémie du tabagisme ont identifié la vente en détail de cigarettes comme l’une des principales stratégies de marketing de l’industrie du tabac.

Dans les capitales des 10 pays, des données ont été collectées sur les lieux de rassemblement des jeunes tels que les centres commerciaux, les cinémas et les magasins de jeux. Trois questionnaires ont été utilisés pour trois groupes cibles différents afin de fournir différentes perspectives sur la disponibilité de bâton de cigarettes dans les pays respectifs. Dans chaque pays, Un fonctionnaire du gouvernement directement responsable de la lutte antitabac, un partenaire ONG de contrôle du tabac et des détaillants.

La collecte et l’analyse des données indiquent que dans chaque capitale, des bâtons de cigarettes pourraient facilement être achetés, les bâtons de cigarettes peuvent être achetés lorsque les détaillants ouvrent intentionnellement un paquet complet de cigarettes pour vendre en détail. Sur un échantillon de 78 détaillants visités dans les 10 capitales, 530 paquets de cigarettes ouverts ont été observés. Des bâtons de cigarettes des marques de cigarettes appartenant à British American Tobacco (BAT), Philip Morris International (PMI) et Imperial Brands sont disponibles. Parmi les marques de cigarettes des multinationales disponibles pour la vente en détail, les plus courantes sont Benson & Hedges produites par BAT, Marlboro produit par PMI et Davidoff produit par Imperial Brands. Chez les détaillants de cigarettes observés, l’Ouganda avait les paquets de cigarettes les plus ouverts, suivis du Togo et du Nigeria pourtant la vente en détail de cigarettes est interdite dans tous ces pays.

Vu que la documentation sur le phénomène de la vente en détail de cigarettes en Afrique est généralement assez limitée, il est certain que la pratique est répandue sur le continent et presque partout dans le monde. Des cigarettes sont vendues en détail même dans les pays où la loi l’interdit : Burkina Faso, Ghana, Kenya, Niger, Nigéria, Togo et Ouganda.

Cette vente en détail de cigarettes a des conséquences. En effet, orsque les cigarettes sont vendues en détail, elles deviennent relativement moins chères que lorsqu’elles sont vendues en emballage complet. Par conséquent, le produit est plus abordable pour les jeunes et les autres personnes ayant des ressources limitées. La vente de cigarettes en détail permet aux jeunes d’expérimenter le produit et de devenir des utilisateurs réguliers. La vente en détail de cigarettes mine les politiques antitabac efficaces existantes en limitant l’exposition d’une personne aux étiquettes d’avertissements sanitaires et en réduisant l’impact de l’augmentation des taxes sur les produits du tabac. La vente en détail constitue une forme de commerce illicite dans les pays où ces ventes sont interdites. La vente en détail de cigarettes mine les efforts des fumeurs pour cesser de fumer en rendant le produit facilement accessible.

A regard de cela, des recommandations ont été formulées. Pour pallier au problème de la vente en détail de cigarettes en Afrique, il s’avère nécessaire de prendre des mesures rigoureuses qui apporteront des solutions durables. La Convention‐cadre de l’OMS pour la lutte antitabac (CCLAT), premier et unique traité de santé publique au monde, ratifiée par 180 pays dans le monde, identifie des mesures fondées sur des preuves pour contrôler la vente de cigarettes en détail.

Il est recommandé aux gouvernements de s’assurer que la vente de cigarettes en détail ou par petits paquets est interdite en adoptant et en appliquant des lois appropriées (article 16 de la CCLAT), d’interdire toutes les formes de publicité, de promotion et de parrainage en faveur des produits du tabac, y compris tout matériel publicitaire ou promotionnel relatif à la vente du tabac (article 13 de la CCLAT)et d’envisager l’octroi de licences aux détaillants pour pouvoir contrôler la vente de cigarettes en détail (article 15 de la CCLAT).

228news.com

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