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TOGO : Les OSC avertissent Faure Gnassingbé, le procureur Mawama Talaka, le juge Abli Poutouli sur le cas du journaliste Mewenemesse

Liberté de presse
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Les Organisations de la société civile exigent la libération immédiate du Directeur de publication de « La Dépêche », Apollinaire Mewenemesse. Elles indiquent que les inculpations qui fondent le mandat de dépôt sont essentiellement basées sur le code pénal alors que les faits reprochés au Directeur de publication de « La Dépêche » ont été posés dans le cadre de l’exercice par ce dernier de sa profession de journaliste.

DÉCLARATION DE PRESSE
LES ORGANISATIONS DE LA SOCIÉTÉ CIVILE CONDAMNENT AVEC VÉHÉMENCE L’EMBRIGADEMENT DE LA PRESSE PRIVÉE AU TOGO ET EXIGENT LA LIBÉRATION IMMÉDIATE DU DIRECTEUR DE PUBLICATION DU JOURNAL « LA DÉPÊCHE », M. APOLLINAIRE MEWENEMESSE
Le 26 mars 2024, le Directeur de publication du journal « La Dépêche », un hebdomadaire d’information générale paraissant au Togo, M. Apollinaire Mewenemesse, a été convoqué et maintenu dans les locaux de la Brigade de recherches et d’investigations (BRI).
Après trois (03) jours de garde-à-vue, il a été présenté à la justice le 28 mars 2024. Le doyen des juges d’instruction du Tribunal de Grande Instance (TGI) de Lomé, sur réquisition du procureur de la République près ledit Tribunal, a décerné contre lui un mandat de dépôt sous sept (07) chefs d’inculpation, notamment de provocation et apologie des crimes et délits ; diffusion de nouvelles fausses aux fins d’inciter la population ou l’armée à se soulever contre l’autorité de l’État et de sédition ; atteinte à l’honneur, à la dignité et à la considération du président de la République ; atteinte à l’honneur, à la dignité et à la considération des cours et tribunaux ; faux et usage de faux.
Ces inculpations qui fondent le mandat de dépôt sont essentiellement basées sur le code pénal alors que les faits reprochés au Directeur de publication de « La Dépêche » ont été posés dans le cadre de l’exercice par ce dernier de sa profession de journaliste.
En rappel, dans sa parution N°1185 du 28 Février 2024, le journal « La Dépêche » a rendu public un article intitulé « L’assassinat crapuleux du Colonel Madjoulba, Et si le Général Kadangha Abalo était le Capitaine Dreyfus du Togo ? ». En rappel encore, le 4 mars 2024, ce journal a été suspendu de parution pour trois (03) mois par la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication (HAAC) en raison de ce même article. Aussi, faut-il rappeler que l’article incriminé fait suite à un autre paru le 8 novembre 2023 sous le titre « Assassinat du colonel Madjoulba : un procès pour rien ? » dans le N°1171 dudit journal.
Rien donc de nouveau dans l’analyse que cet organe de la presse privée fait de l’affaire et du procès dits du colonel Madjoulba. D’ailleurs, dans l’opinion générale, ce procès a sonné comme une symphonie inachevée et a laissé tout le monde sur sa soif.
Au demeurant, comment ne pas douter d’un tel procès dès lors qu’une des affirmations du principal accusé, le Général Félix Abalo Kadangha, selon laquelle « la balle utilisée pour abattre le colonel Toussaint Bitala Madjoulba est d’origine israélienne et seule la Garde rapprochée du président de la République dispose de ces munitions ». L’article incriminé l’a si bien relevé aux pages 3 et 4.
Selon les témoins du procès, toute l’assistance a été surprise par cette affirmation très importante pour la manifestation de la vérité. Mais curieusement, le tribunal militaire a été indifférent et insensible à cet élément qui devrait apporter la lumière. Ce qui, entre autres, a amené les avocats de la défense à dénoncer un procès inéquitable et à interjeter appel contre la décision de condamnation du tribunal militaire.
En considérant ces faits, il est clair que la vérité sur l’assassinat du Colonel Toussaint Bitala Madjoulba n’est pas encore connue et il était du droit, voire du devoir de tout citoyen, y compris les journalistes, d’œuvrer pour la manifestation de la vérité ; ce à quoi, le Directeur de publication du journal « La Dépêche » s’est livré dans le strict exercice de son métier de journaliste, en vue d’apporter sa contribution.
Les organisations de la société civile condamnent véhément le musellement, les persécutions et les nombreux harcèlements administratifs, policiers et judiciaires dont sont constamment l’objet la presse privée togolaise et ses journalistes.
Les organisations de la société civile exigent la libération immédiate du Directeur de publication de « La Dépêche » , M. Apollinaire Mewenemesse qui, du haut de ses soixanteonze (71) ans, reste d’une fragilité remarquable. Rappelant que les Togolais ont encore en mémoire la triste et subite disparition du journaliste Joël Vignon Égah juste après sa sortie de prison.
De ce qu’il adviendra au Directeur de publication de « La Dépêche », M. Apollinaire Mewenemesse, les organisations de la société civile tiennent pour responsables le président de la République M. Faure Essozimna Gnassingbé, le procureur de la République près le TGI de Lomé M. Mawama Talaka, le doyen des juges d’instruction dudit tribunal M. Abli Poutouli.
Les organisations de la société civile interpellent les syndicats et les organisations de presse, ainsi que tous les magistrats, sur les risques de ce phénomène devenu très inquiétant qui consiste à utiliser l’institution judiciaire pour embrigader les journalistes fouineux, dans l’optique d’exécution d’un plan bien élaboré par l’exécutif togolais de mettre sous éteignoir toute la presse privée togolaise et les voix dissonantes.

Fait à Lomé, le 1 er avril 2024
Ont signé :
M. Daguerre K. AGBEMADOKPONOU (ALCADES)
M. Monzolouwè B. E. ATCHOLI KAO (ASVITTO)
M. Christophe Komlan TETE (GAGL)
M. Bassirou TRAORE (GCD)
M. Koffi DANTSEY (GLOB)
M. Poro EGBOHOU (FDP)
Dr Emmanuel H. SOGADJI (LCT)
Me Célestin Kokouvi G. AGBOGAN (LTDH)
Me Raphaël N. KPANDE-ADZARE (MCM)
M. Issaou SATCHIBOU (MJS)
M. Bertin BANDIANGOU (SEET)

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