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Togo : Film d’une crise qui ébranle le pouvoir de Faure Gnassingbé jusqu’au tréfonds   

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Le locataire de la marina est sérieusement ébranlé, on n’en veut pour preuve, les multiples sorties et les actes de bons samaritains multipliés depuis plusieurs jours par le prince. En effet au lendemain de la gigantesque démonstration de force du PNP (Parti National Panafricain) de Salifou Tikpi Atchadam. Repris par une coalition de 14 partis qui donnent du fil à torde à la bande au RPT/UNIR et crée l’insomnie au cœur du système.

Le Togo  est  à la croisée des chemins depuis qu’ont commencé les manifestations contestant rigoureusement le pouvoir de Lomé II.        

Un petit rappel des faits, le 19 Août 2017 un appel a manifesté du parti au symbole du cheval incarné par le guerrier de Tchaoudjo n’a pas trouvé d’écho favorable auprès des ministres de la sécurité et de l’Administration du territoire. Les menaces fusaient de partout, les deux ministres ont multiplié les sorties médiatiques pour interdire que le regroupement se fasse à certains artères prévus par les organisateurs. Certains sont allés jusqu’à dire que « le PNP c’est quoi ? ». Ce samedi,  là comme on pouvait s’y attendre les zones de regroupement ont été bouclé tôt le matin par les forces de l’ordre et de sécurité (gendarmes, policiers et militaires).

Cet impressionnant dispositif n’a pas dissuadé les manifestants qui sont sortis massivement pour prendre d’assaut l’échangeur d’Agoe, ils seront dispersés à coup de gaz lacrymogènes. C’était la débandade, les courses poursuites sont engagées dans les rues de Lomé avec à la clé des bléssés graves, des arrestations et des morts ainsi qu’à Sokodé. C’est ainsi que Tikpi Atchadam fit appel à Jean Pierre Fabre pour une unité d’action, ce dernier en tournée en Europe a écourté son séjour pour rentrer précipitamment à Lomé, c’est alors que commença le plus dur.

Dans la foulée est née une coalition de 14 partis appelés forces démocratiques qui ont trouvé légitime la plateforme revendicative du PNP qui demandait un retour à la Constitution de 92 et le vote de la diaspora. Trop simple.

Comme à son habitude , le pouvoir a plutôt continué sa fuite en avant , les forces démocratiques appellent à de nouvelles manifestations les 06,07,08 Septembre ce n’est qu’après ces manifestations que le pouvoir semble se réveiller de son sommeil en introduisant un projet de loi à l’Assemblée, une action saluée et c’est sans compter avec l’envie inouïe de la bande à Faure Gnassingbé de conserver le pouvoir à tout prix et continuer par se sucrer que ce projet a été tout sauf tenir en compte les aspirations du peuple contenues dans les revendications de l’opposition. Très tôt, le piège sera décelé, l’opposition  parlementaire propose des amendements qui seront à l’unanimité rejetés, elle crie à l’injustice et appelle à faire échec à ce projet en prenant d’assaut le siège de l’Assemblée, la zone et toutes les voies donnant accès au Parlement seront bouclées et tout regroupement empechés. Nonobstant  ce fait, les députés de la majorité présidentielle sont allés jusqu’à l’adoption de ce nouveau projet de loi en projetant de le soumettre au peuple qui décidera du sort de ce nouveau texte constitutionnel par voie référendaire (Le oui implique que Faure sera au pouvoir au-delà de 2020 et le nom garde le statut quo à la tête du pays). Ce jeu de chaise musicale sera quelques jours confirmé par l’élection de nouveaux membres.

Cette énième provocation apparaissait comme la goutte qui allait déborder le vase, mais en fait, ce n’était que le déclic, incarné  par  un  « quidam politique », nommé  Tikpi Atchadam. Une autopsie de la situation socio-politique qui prévaut ces derniers temps  au Togo montre à tous égard que  malgré les apparences, le régime de  Faure Gnassingbé, possède  en lui-même,  les germes de sa chute  qui n’est plus qu’imminente. Il ne serait pas superfétatoire d’affirmer qu’en faisant main basse  sur les  richesses du pays,  alliant égo, erreur de jugement, querelles de leadership, le pouvoir s’est formé au fil du temps un cocktail explosif.

C’est ainsi que pris de panique et très tôt le pouvoir cinquantenaire a voulu étouffer la contestation en sortant le 17 Octobre dernier sa branche milice dans les rues pour s’opposer à toute manifestation. Deux jours de violences soldés par des tueries à balle réelle, de nombreux blessés et des arrestations massifs. Tel est le bilan de cette sortie macabre de l’aile dure du pouvoir RPT-Unir qui règne impunément sur le Togo  depuis des décennies.

Très tôt, les images ont fait le tour du monde, le Togo est devenu un théâtre de guerre les condamnations fusent de partout le quai-Dorsay et le département des affaires africaines de la maison blanche sort alors un communiqué pour condamner cette volonté du pouvoir de faire entorse au droit de manifester et la liberté d’expression. Il sera demandé expressément au pouvoir de Lomé de faire son maximum pour que la coalition puisse s’exprimer dans les rues.

Un communiqué des ministres de la Sécurité et du Territoire levait l’interdiction, les manifestations peuvent reprendre, c’est ainsi que les forces démocratiques appellent à nouveau à manifester. Les manifestants ne semblent visiblement pas éprouvés par la barbarie des milices et militaires à la solde du pouvoir ont bravé la peur pour sortir massivement.

Entre temps, les appels au dialogue des chefs d’Etats de la sous-région, Patrice Talon, Nana Akufo Ado et Alassane Ouattara sans oublié Alpha Condé. Des consultations sont faites au sein de l’opposition et du pouvoir. C’est alors que la coalition dresse une série de préalable. Le Pouvoir a semblé entendre raison en annonçant une série de mesures sur le papier. Cette main tendue sera quelques jours plutard mis à rude épreuve par la déclaration, plutôt le discours d’incitation à la haine prôné par Faure Gnassingbé à Témédja devant les militaires.

Les invitations au dialogue se multiplient toujours trois leaders de la coalition et Alpha Condé  se donnent rendez-vous à Paris. Au même moment, François Boko et Nana Akufo Ado se rencontrent à Londres, dans ce prolongement Pascal Bodjona, Agboyibo Yawovi seront consultés plutard à Accra. Les délégations des ministères de la sécurité Ghanéenne et Ivoirienne ont également joué leur partition.

La dernière tournée du Président Français M Emmanuel Macron a reprécisé les choses « Il faut un cadre électoral dans lequel les oppositions puissent s’exprimer en Afrique pour provoquer l’alternance ou soit confirmé les gouvernements….. »

Le samedi dernier l’opposition battait les pavés pour la 17 fois en 4 mois et plusieurs milliers manifestants étaient dans la rue, pris de panique les militaires ont attaqués les militants à leur retour vers le carrefour 3K. Plusieurs seront battus et une personne succombe à ses blessures suite au renversement de la voiture qui les ramenait à leur domicile à Agoe entre temps objet des poursuites par les bérets verts de la garde présidentielle. Les interventions des premiers responsables de la coalition à sa tête le chef de file de l’Opposition Jean-Pierre Fabre n’ont guère été entendues, s’en suit une série de bastonnade où Francis Pedro Amuzun et Mme Nukufu Suzanne ont été roué de coups et victimes de sévices corporelles, ainsi que Mme Adjamagbo.

La coalition a condamné cette action rétrograde du pouvoir cinquantenaire qui a dans un communiqué laconique rejeté en bloc les faits et a manqué de condamner les dérives autoritaires  et rétrogrades de ses sécurocrates. Un énième coup de force a porté un coup dur au dialogue annoncé pour s’ouvrir en ce mois de Décembre.

La dernière sortie de 4 ministres du gouvernement ont dressé une série de mesures d’apaisement,  c’est ainsi que les deux imams seront libérés le samedi dernier, bien avant ce fut le cas du secrétaire national du PNP de recouvrer sa liberté. Pour l’heure, la coalition appelle à des nouvelles manifestations les 13,14 et 16 décembre 2017. En réponse à la sortie officielle du gouvernement, la coalition a exprimé son regret et son indignation face à ce rôle de médiateur que le gouvernement a tendance à jouer dans la crise, alors même qu’il est partie prenante.

Il semble régner un climat de méfiance coté opposition face cette méfiance, il est opportun de recourir à nouveau à une médiation internationale et équilibrée.

 La rédaction

 

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