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Journée internationale des marins: le SGMP-Togo et COMMA-Togo s’indignent contre la marginalisation des Gens de mer

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Le Syndicat des Gens de Mers professionnels du Togo (SGMP-Togo) et COMMA-Togo ont commémoré la journée internationale des marins mardi 25 juin 2024 à Lomé à travers un point de presse tenue en bordure de mer de l’hôtel Palm Beach. Ce fut une occasion pour ces deux entités d’honorer la mémoire de leurs frères et sœurs décédés dans l’exercice de la profession et aussi de s’indigner de leurs conditions de vie et de travail en dressant le bilan.
Depuis plus de trois décennies, les conditions de vie et de travail des Gens de mer demeurent dans le statu quo. Absence d’assurance de travail, de recouvrement social, salaire dérisoire, tels sont les maux des marins togolais depuis des lustres malgré le danger et le risque qui mine le quotidien des gens de ce secteur d’activités. Pour commémorer la journée internationale des marins, le Syndicat des Gens de Mers Professionnels du Togo et COMMA-Togo se sont retrouvés à la plage, d’abord pour rendre hommage aux collègues qui ont quitté cette vie dans l’exercice de leur profession. Selon les premiers responsables du SGMP-Togo, le secteur maritime togolais ne fait qu’enregistrer des accidents mortels dont les Gens de mer sont la plupart victimes sans réaction aucune des autorités maritimes pour corriger le tir. Rappelons qu’au lendemain de l’explosion du réservoir ayant causé la mort du marin-soudeur Patric Adonouhou, les deux organisations avaient attiré l’attention des autorités maritimes à travers des correspondances sur le grand danger que représentaient les navires en mauvais état se trouvant dans le bassin du Port et du traitement inhumain réservé aux Gens de mer de la part des propriétaires des navires. Mais contre toute attente, ces interpellations du SGMP-Togo et du COMMA sont tombées dans les oreilles des sourds et le mal continue de faire son petit bonhomme de chemin occasionnant d’autres victimes chaque jour que Dieu fait. En terme de bilan, les accidents enregistrés dans le bassin du port ont occasionné selon les deux organisations, la mort en date du 05 Mai 2020 M/V God Love de Patric Adonouhou, du 03 Mars 2023 M/V de Richard Toulassi Kossi, du 05 Février 2024 M/V HAWA de TETEY et du 12 Mars 2024 M/V DEBORAH de Kenedy SEGBENOU. Au cours d’un point de presse, SGMP-Togo et COMMA-Togo ont réitéré leur engagement à œuvrer pour les meilleures conditions de vie et de travail des Gens de mer qui continuent d’essuyer de mauvais traitement et de percevoir la portion congrue du fruit de leur labeur. En s’adressant aux autorités sur la question, Alfa Poudema, chargé des relations du bureau exécutif du SGMP-Togo, a souligné que « depuis 2020 comme nous l’avons cité dans notre déclaration, le Port du Togo ou notre bassin a de sérieux problèmes parce que dans ce Port regorge des navires battant pavillon togolais qui en réalité voient toujours les inspecteurs de la Direction des affaires maritimes passer pour leur délivrer des documents de navigation que nous les marins qui sommes là, trouvons que ces navires ne sont pas en état de navigabilité. Preuve ces accidents que vous avez. En quatre ans, nous avons perdu une dizaine de personnes. Depuis 2020 à ce jour, il y a eu plus de six explosions. Mais quand vous allez toujours, vous allez voir ces navires qui ont toujours des documents qui leur permettent de naviguer. Donc, nous avons dans notre bassin, des navires à tombeau ouvert. Nous avions toujours demandé à ce que l’autorité nous vienne en assistance pour effectivement voir est-ce que c’est nous les marins qui exagérons ou c’est l’armateur qui ne s’occupe pas de nos problèmes. Mais jusqu’à présent, nous n’avions pas encore de suite favorable. Nous avons constaté que la plupart de nos doléances n’ont jamais été lues. Nos doléances que nous avons laissé depuis 2015 au niveau de la Direction des affaires maritimes jusqu’à ce jour sont restées lettre morte. Auprès ministre de tutelle, nous avons entrepris des démarches mais au finish, il a préféré créer des syndicats fantômes pour saboter notre lutte et signer la convention des gens de Mer sans les deux principaux syndicats du secteur. Aujourd’hui la Direction des affaires maritimes est en paralysie totale puisque vidée de sa substance par le ministre, ce qui rend encore plus compliqué notre lutte qui n’a plus de répondant».

Au regard de tout ce qui précède et au vu des dangers que présente la profession marine, il urge que les autorités maritimes prennent à bras le corps les exigences des Gens de mer. C’est pourquoi ces derniers s’en remettent à l’arbitrage du chef de l’État.
Pour rappel, un office religieux a donné le ton de cette manifestation à la cathédrale de Lomé en début d’après-midi.

Théophile K.

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