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Faure est politiquement isolé et affaibli

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Après le consensus obtenu à la Salle Fazao

Incontestablement, la Salle Fazao de l’Hôtel 2 Févier, rebaptisé Radisson Blu Hôtel 2 Février ne porte pas bonheur au père comme au fils qui lui a succédé. Hasard du calendrier, il y a ¼ de siècle (08 juillet-28 août 1991) se tenait à la Salle Fazao de l’Hôtel 2 Février, les travaux de la Conférence nationale. Le moins qu’on puisse dire, celle-ci n’a pas rendu service au Général 5 étoiles. Au contraire. Il a été, après avoir été malmené, dépouillé de toutes ses prérogatives. Il n’a dû son salut qu’aux maladresses des nouveaux maîtres de la Transition qui au lieu de mener une politique inclusive, ont cru bon de mener une politique de la haine, de l’exclusion et de la revanche. Mal leur en prit. Le Général reprit les rênes du pouvoir après avoir été sérieusement secoué.

Jamais un sans deux

Le 05 février 2005, le Général meurt de sa mort naturelle. Au lieu que la succession se fasse conformément à la Constitution, dans le but de faire nettoyer les écuries, les Généraux fidèles à celui qui a fondé les FAT, ont jugé bon d’imposer un des fils au trône. C’est ainsi que par une main de passe passe, le plus « Faure », en moins de 24 heures, passe de simple député au président de l’Assemblée nationale et au président par intérim. La méthode était si cscandaleuse que le peuple se souleva et la Communauté internationale monta au créneau. Le prince parvient à s’en sortir et à s’asseoir sur le trône dans un bain de sang grâce aux manœuvres de la CEDEAO. A l’issue d’un accord signé le 20 août 2006, un répit lui est accordé, à condition de consentir à réaliser les réformes politiques, constitutionnelles et institutionnelles afin que la République ne tombe plus dans les travers. Assis sur un trône chancelant, il accepte toutes les recommandations à lui imposées. Mais une fois son trône consolidé, il fait le dos rond, se raidit et se campe. Pendant ce temps, la gouvernance politique, économique et sociale est très mauvaise. Face aux cris du peuple, Faure 1er se moque et mène une vie de prince arabe. Mais la pression nationale et internationale deviennent insupportables.

Les Etats généraux

Nous ne sommes pas sous le règne du roi Louis XVI en France en 1791 mais cela y ressemble. Le Togo d’aujourd’hui a toutes les caractéristiques des règnes des rois de France. Les Togolais vivent une crise politique et sociale sans précédent. Faure, sa cour et sa noblesse (minorité qui s’accapare des richesses) vivent dans un luxe insolent. Pendant ce temps, le tiers état (la majorité très pauvre et accablée de dettes), ne survit que grâce à l’aumône. N’en pouvant plus, le tiers état gronde et la noblesse malgré sa situation se rallie à sa cause. Soumis à la pression interne et externe, le prince est sommé de convoquer les Etats généraux pour trouver des solutions aux problèmes du royaume. Les assises des états généraux sont sans appel.

Le roi est nu

La comparaison du règne de Faure avec celle de Louis XVI est sans doute exagérée. Faure tient bon sur sont trône. Il ne sera pas guillotiné. Mais il sort sérieusement affaibli et isolé des assises de l’atelier de la Salle Fazao. S’il a pu manipuler en sa faveur tous les dialogues tenus jusqu’ici (APG, CVJR, CPDC Rénové, Togotélécom, etc.), il est aujourd’hui au pied du mur. Il ne peut plus se dérober. Certes, comme à son habitude, il peut continuer sa fuite en avant. S’il le fait, il n’aura aucun argument, aucun, pour se justifier. Et l’opinion nationale et internationale a les yeux grandement ouverts sur lui. Il faut aussi craindre la clameur publique.

L’absence de l’ANC et consorts complique la situation du Prince

Ironie du sort, l’absence de l’ANC, de la CDPA, du PSR, du Togo Autrement, du Front et autres, à la salle Fazao est de nature à pousser Faure à l’action contre sa volonté. Pourquoi ? Avant les travaux de l’Atelier, toute une campagne médiatique a été orchestrée contre les absents. S’il refuse de s’exécuter, Faure apportera de l’eau au moulin des ses pires adversaires. L’ANC et ses camarades ne sont pas allés à l’Atelier au motif que                                                                     tous les dialogues n’ont rien donné jusqu’ici.   Ne rien   faire,     c’est plébisciter   le chef de file de l’opposition qui verra sa côte monter en flèche. Non seulement l’image du prince sortira écornée, mais aussi tous ceux qui l’ont accompagné dans ce que d’aucuns ont appelé une kermesse de plus verront leur audience affectée.

Au regard de tout ce qui précède, Faure a peu de cartes à jouer. Il est temps de faire les réformes au risque d’un suicide collectif car tout le monde, même ses administrateurs ont fini à accréditer la thèse selon laquelle il est le problème du Togo.

Mèwè

 

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