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Djibo Nouhou du CGDPC parle du « programme jeunes politiques » et de la crise togolaise

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Θ228news (Lomé, le 03 juillet 2018)- Afin d’outiller et de renforcer la capacité des jeunes des partis politiques, le Centre pour la Gouvernance Démocratique et la Prévention des Crises ( CGDPC ) a initié le Programme Jeunes Politiques ( PJP) à l’intention de ces jeunes. Le Président du CGDPC Mr Djibo Nouhou nous parle de ce programme et de la crise sociopolitique que traverse le Togo depuis le 19 août 2017. Lisez plutôt.

 

Bonjour Me Djibo Nouhou ,vous êtes le président du centre pour la gouvernance démocratique et la prévention des crises (CGDPC), votre centre à initié une série d’activité à l’endroit des jeunes des partis politiques dans le cadre d’un projet dénommé : » Programme Jeunes Politiques » ( PJP)l. Qu’est ce c’est que le PJP ?

Le Programme Jeunes Politiques, est un projet de formation et de renforcement de capacités dédié à la jeunesse des partis politiques actifs au Togo. Initié puis mis en oeuvre par le CGDPC depuis 2016,il aborde entre autres des thématiques liées au leadership, à la démocratie et à la bonne gouvernance, à la culture des valeurs de paix et de la tolérance, à l’engagement politique des jeunes.

Pourquoi vous avez initié un tel programme ?

Nous sommes partis des constats découlant d’un état des lieux de la situation politique au Togo de 1992 à nos jours. De toute évidence, la jeunesse est la convoitise de tout parti politique. Cependant,la politique étant une science, il faut nécessairement un minimum de connaissances en la matière pour pouvoir la mener à bien.Or nombreux sont ces jeunes qui se sont retrouvés en politique par la force des choses, sans formation ni culture politique préalable. En conséquence, il se dégage des lacunes au niveau de certains acteurs dans leur compréhension de certains concepts importants comme par exemple la démocratie, la bonne gouvernance, l’Etat de droit. Aussi, cette situation les amène à commettre des erreurs stratégiques dans la conduite de leur politique, mettant très souvent en mal, le vivre ensemble. En outre, il est à remarquer que bien de jeunes sont intéressés par la chose politique mais ne savent pas comment s’y prendre pour y arriver et devenir une force de propositions ainsi qu’une alternative efficace au sein de leur parti politique. C’est donc ces constats ainsi dégagés qui ont poussé le CGDPC à réfléchir à une formule qui puisse aider les jeunes des partis politiques à acquérir les connaissances qui leur sont nécessaires, non seulement pour leur parcours d’hommes politiques, mais aussi pour redynamiser leurs partis politiques respectifs. Nous avons choisi miser sur la jeunesse car il est établi que l’avenir de toute nation repose sur la jeunesse. Mais pour que cet avenir soit serein, la jeunesse doit être formée et outillée afin de mener à bien sa mission.Et c’est une part de cette formation que le CGDPC leur apporte à travers le PJP.

 

Quels sont les objectifs du PJP?

De manière générale,le PJP vise à renforcer la capacité des jeunes acteurs politiques en matière de démocratie et de bonne gouvernance et les outiller sur les valeurs de tolérance, de paix ainsi que sur les pratiques du leadership.

Mais, au-delà, et plus spécifiquement, le PJP, vise à donner aux jeunes, les outils nécessaires pouvant leur permettre d’être une force non négligeable de proposition et de redynamisation au sein de leurs partis politiques respectifs. Aujourd’hui, nous pouvons sans complaisance affirmer notre satisfaction par rapport aux deux premières éditions de ce programme qui ont permis à certains jeunes lauréats d’accéder avec mérite, aux instances dirigeantes de leur parti et d’impulser à ces différents postes qu’ils occupent, une nouvelle dynamique.

Quelles sont Les activités qui sont prévues dans les cadre de ce projet?

Je voudrais encore une fois rappeler que ce programme jeunes politiques est à sa troisième édition cette année. Trois années d’expériences, trois années de partage, le PJP brillera au-delà de la pertinence de la formation modulaire, par des activités telles que les débats d’idées entre jeunes politiques sur des thématiques précises. D’une part, l’objectif est d’amener les jeunes à cultiver l’art de persuasion par des raisonnements bien mûris et rigoureusement construits. D’autres part, cette activité vise à familiariser les jeunes aux débats contradictoires mais constructifs , afin de les amener à divorcer d’avec la dictature de la pensée unique.

Par ailleurs, il est prévu une sortie récréative au cours de laquelle formateurs, jeunes politiques et leurs invités discuteront à bâton rompu des sujets relatifs à l’engagement politique de la jeunesse (les enjeux et les défis ) et formuleront des recommandations à l’endroit non seulement des pouvoirs publics, mais aussi des partis politiques. Ces recommandations feront l’objet d’un plaidoyer qui sera mené à divers niveaux par le CGDPC.

 

Quelles sont les personnes visées par le PJP?

Le PJP est exclusivement conçu pour les jeunes des partis politiques actifs au Togo. C’est à dire les togolais des deux sexes d’âge compris entre 18 et 35 ans ayant un niveau minimum de BAC+ 2 et se reconnaissant d’un parti politique.

Aussi voudrais -je rappeler que dans le but d’encouragement et de promouvoir l’engagement des femmes en politique, le CGDPC a adopté à compter de cette troisième édition, l’approche parité- genre qui revient à accorder autant de places aux femmes qu’aux hommes dans le cadre de la formation. C’est ainsi que nous avons retenu pour cette édition, 15 femmes et 15 hommes, pour une formation qui va s’étendre sur 15 samedis. Outre cette réforme, le nombre de jeunes à former est passé de 20 pour les deux premières éditions, à 30 pour cette troisième édition.

 

Quelles sont les conditions de participation aux activités du PJP?

Comme je viens de le dire un peu plus haut, pour participer au PJP, il faut d’abord:
– être de nationalité togolaise,
– appartenir à un parti politique légalement continué et actif au Togo
-avoir un âge compris entre 18 et 35 ans et avoir un niveau minimum de BAC + 2
-être recommandé par son parti politique. Ceci fait foi de l’engagement et de l’appartenance du jeune à ce parti politique.

Quelles sont vos attentes à la fin de ce projet?

Nos attentes à la fin de ce projet, sont de trois principaux ordres. D’abord au sein de chaque parti représenté, nous nourrissons l’espoir de voir émerger des jeunes capables d’accéder aux instances dirigeantes, d’assumer en toute responsabilité et professionnalisme leur position. Ensuite nous attendons d’eux, d’être le porte flambeau de l’enracinement de la démocratie, de l’Etat de droit et de la bonne gouvernement.

Enfin, nous espérons que les jeunes à l’issue de cette formation, seront non seulement les porteurs de valeurs de paix et de tolérance mais aussi et surtout, qu’ils pourront les transmettre à leur communautés respectives.

En somme nous espérons voir s’étendre sur la terre de nos aïeux, « une autre vision de la politique » impulsée par les jeunes aux moyens du PJP. Et c’est en effet sous cet espoir que nous plaçons spécialement cette troisième édition du PJP.

Ces genres de projet nécessite des moyens Financiers conséquents. Avez vous bénéficier des appuis de l’État ou d’autres bailleurs pour la réalisation du PJP?

Effectivement, comme vous l’avez si bien relevé, ce projet absorbe d’énormes fonds. Cependant le PJP du haut de ses trois années de mise en oeuvre est entièrement financé sur fonds propres du CGDPC. Ces fonds sont issus des cotisations, des frais d’adhésion et des dons de ses membres.

Il faut aussi ajouter que depuis sa création, en 2013, le CGDPC n’a bénéficié d’aucun appui extérieur, que ce soit financier ou technique. Toutes les activités et tous les projets à l’instar du Café du Dialogue Démocratique (CDD), des Journées Citoyennes de la Jeunesse (JCJ)… sont menés sur fonds propres.

Cela ne veut pas dire que nous fermons nos portes à des financements, à des partenariats ou à d’éventuels bailleurs. Toutefois, il faut préciser que nous l’avons voulu ainsi pour les premières éditions dans le but d’apporter notre noble contribution à la construction de notre chère patr. Mais nous sommes désormais ouvert à tous financements et appuis des éventuels bailleurs de fonds.

Entant qu’acteur de la société civile quel regard porté vous sur le dernier communiqué des facilitateur de la CEDEAO lors du 4em round du dialogue inter togolais tenu le 27juin ?

La curiosité de tous reposait sur l’opportunité et la pertinence même de ce 4eme round du dialogue. A la lecture du communiqué de la facilitation à l’issue des travaux, il se dégageait de très profondes contradictions qui prêtaient à plusieurs interprétations et chaque acteur allait de son commentaire. Surtout sur la question de l’organisation des élections, cette brèche qui allait encore embraser le pays, vue le clivage béant que suscitait l’interprétation de cette partie du communiqué.« `les questions portant sur la libération des manifestants, le droit de manifester dans tout le pays et la suspension des opérations de préparation des élections auraient dû être réglés depuis 3mois dès l’ouverture du dialogue afin de s’attaquer aux vraies réformes.

Heureusement, qu’au micro de la télévision France 24 ce 2 juillet, l’un des médiateurs, le président Guinéen Alpha Condé a levé l’équivoque, reprecisant les termes de ce communiqué afin de dissiper le flou créé en ce qui concerne la question des élections.
Par ailleurs, nous pensons que les émissaires de la CEDEAO ont suffisamment entendu les deux camps pour proposer une solution politique acceptable par tous.

Selon vous quel serait le contenu de la feuille de route que la CEDEAO proposera à la classe politique togolaise?

Depuis 2001, la CEDEAO dispose d’un instrument juridique en matière renforcement de la démocratie et la bonne gouvernance. Il s’agit bien entendu de son Protocole sur la démocratie et la bonne gouvernance. Et je crois que la CEDEAO ne proposera pas une feuille de route qui ne puisse refléter les principes et valeurs contenues dans ce protocole qu’on peut à juste titre, considérer comme une constitution communautaire. La CEDEAO doit considérer les sacrifices du peuple et aider les protagonistes à vite trouver une solution à la crise. Nous sommes impatients que ce sommet ait lieu pour voir quelle orientation la CEDEAO donnera surtout par rapport à la nécessité d’une transition politique avec l’éventualité ou non que le président Faure puisse se représenter en 2020.

Votre mot de la fin

A cette troisième promotion de jeunes politiques, je leur souhaite une bonne formation et un excellent parcours politique.

En ce qui concerne la crise politique, j’en appelle une fois encore à la bonne foi, à la volonté et au sens de sacrifice des acteurs politiques. Ce qui fait un bon politique ce n’est pas la rigueur avec laquelle il défend ses idées mais plutôt sa faculté à concilier ses intérêts personnels et partisans avec l’intérêt général qui doit toujours primés sur les autres.

Réalisé par Elom Adabe

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