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Des signes annonciateurs d’un dialogue imminent? Pas sûr…

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Des signes annonciateurs d’un imminent dialogue pour une sortie de crise au Togo sont de plus en plus en plus visibles.

En conférence de presse ce jeudi 07 décembre à la Primature, le gouvernement togolais représenté par les ministres Yark Damehame, Gilbert Bawara, Boukpessi Payadowa, Pius Agbétomey, Guy Madjé Lorenzo et le Prof Mijiawa avait annoncé près d’une dizaine de nouvelles mesures d’apaisement.

Une de ces mesures, pas annoncée, mais qui s’apparente plutôt à un préalable à tout dialogue, chose reniée par le ministre de la justice togolaise, Pius Agbétomey, a été effective ce vendredi 08 décembre.

Il s’agit de la libération des deux imams respectifs de Sokodé et de Bafilo, incarcérés, depuis bientôt un mois à la prison civile de Kara, pour incitation à la haine et à la violence sur les forces de défense.

Alfa Hassan Mollah (Sokodé) et Abdoul Wahid (Bafilo) ont effectivement recouvré ce vendredi leur liberté, mais demeure sous contrôle judiciaire, d’après une source du gouvernement.

« La libération de ces deux imams à qui il est reproché de prêcher de l’intégrisme dans les mosquées de Sokodé et de Bafilo est un grand geste d’ouverture et d’apaisement de la part de Faure Gnassingbé », a confié la même source.

Les deux imams demeurent néanmoins sous contrôle judiciaire et sont donc soumis à certaines mesures dont la violation serait suivie d’une réaction adéquate, apprend-t-on des autoritaires judiciaires.

Par ailleurs, la même source gouvernementale nous informe que des invitations ont été lancées ce matin aux acteurs politiques afin d’entamer les consultations dès le début de la semaine prochaine sur les modalités du dialogue.

Du côté de l’opposition, même si l’on se félicite de ces mesures et de la libération des deux imams, l’on semble se faire davantage désirer et insatisfait. 

En effet, vingt-quatre (24) heures après la conférence de presse donnée par le gouvernement, la coalition des 14 partis politiques de l’opposition togolaise était aussi face à la presse.

Les responsables de ces partis politiques se félicitent  de cette libération mais espèrent que tous les autres détenus, aussi bien dans le cadre des manifestations de l’opposition que dans l’affaire des incendies des marchés de Kara et de Lomé et les membres de l’association NUBUEKE vont recouvrer rapidement leur libération afin que les conditions soient créées pour le dialogue politique.

L’opposition réclame sans délai la fin de l’état de siège imposé à Sokodé, Bafilo et Mango et le retour aux casernes des militaires, y compris la libre circulation de tous les membres de l’opposition, notamment les dirigeants.

La coalition maintient néanmoins les prochaines manifestations des 13, 14 et 16 décembre prochains, qui selon elle constituent un « élément important d’appréciation et d’évaluation de la bonne foi du gouvernement », en ce qui concerne les mesures annoncées par rapport à la normalisation de la vie dans ces trois (3) villes.

Quant aux consultations auxquelles le gouvernement  veut convier les partis politiques, aux fins de recueillir leurs suggestions sur le format et les modalités du dialogue, l’opposition togolaise pense qu’il n’appartient pas au gouvernement qui n’est autre qu’une « partie à la crise » d’appeler l’autre partie à des discussions. La médiation ghanéenne est là pour ce faire, dit-on à la coalition.

« Le gouvernement doit se comporter comme partie et non comme partie et juge », a notamment déclaré le chef de file de l’opposition togolaise, Jean Pierre Fabre, président de l’Alliance nationale pour le Changement (ANC), pour qui tous les problèmes relatifs aux conditions du dialogue ont déjà été pris en compte par la médiation.

Jean Kissi, Secrétaire général du Comité d’action pour le renouveau (CAR, opposition) pense également que  ces consultations dont parlent les six (6) ministres qui ont fait face à la presse ce jeudi, « dribblent » ce que le président ghanéen Nana Akufo-Addo a déjà fait en rencontrant plusieurs acteurs de la crise.

« Ce n’est plus le moment de jouer au chat et à la souris, le peuple togolais doit rester très vigilant », a-t-il lancé.

Le conseiller du président du Parti national panafricain (PNP), Ouro-Djikpa Tchatikpi, pour sa part a insisté sur le fait que le peuple togolais est en pleine bataille et va se comporter comme tel jusqu’à sa libération.

Le dialogue annoncé tambours battant par le gouvernement aura-t-il finalement lieu? Dans quels condition et délai quand l’on sait qu’une disposition de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) interdit toute modification constitutionnelle à six (6) mois des élections et que le mandat de l’actuelle législature arrive à terme en juillet 2018?

Démocrate

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