Au Burkina Faso, le gouvernement abroge les décrets de nomination à la Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH). Alors que les rumeurs parlent d’une « dissolution », le ministère en charge de la justice indiqué qu’il s’agit plutôt d’une abrogation de décret portant nomination des commissaires et membres pour restaurer les principes fondamentaux de l’institution.
Au « pays des hommes intègres », une décision prise en conseil des ministres vient de redessiner le fonctionnement de la Commission nationale des droits humains (CNDH). Réuni en Conseil des ministres, l’exécutif burkinabè a adopté un décret abrogeant les textes portant nomination des commissaires ainsi que des membres du bureau de cette institution qui garantit le respect des droits humains.
Contrairement à certaines interprétations , les autorités indiquent qu’il ne s’agit pas d’une dissolution de la CNDH. L’institution demeure, mais son organisation actuelle est remise en cause, dans l’optique d’une réforme jugée nécessaire.
*Une décision motivée par des dysfonctionnements internes*
Selon les informations révélées par le ministère de la Justice, cette mesure s’appuie sur des constats jugés préoccupants. Le ministre de la Justice, Edasso Rodrigue Bayala, a rappelé que la CNDH est censée fonctionner selon des principes fondamentaux tels que l’impartialité, la pluralité, la complémentarité et la coopération.
Or, selon lui, ces principes ne seraient plus respectés au sein de l’institution. Pire, ils feraient l’objet de violations répétées, compromettant ainsi la crédibilité et l’efficacité de la Commission dans l’accomplissement de ses missions.
Ces dysfonctionnements ont progressivement fragilisé le rôle de la CNDH, censée pourtant être un pilier de la promotion et de la protection des droits humains dans un contexte national particulièrement sensible.
*Une réforme inscrite dans un contexte sécuritaire tendu*
Au-delà des questions de gouvernance interne, la décision du gouvernement s’inscrit également dans un contexte plus large : celui de la lutte contre le terrorisme, qui redéfinit les priorités institutionnelles du pays.
L’abrogation des décrets ouvre ainsi la voie à une relecture de la loi encadrant la CNDH. L’objectif est de l’adapter aux réalités actuelles, marquées par des défis sécuritaires majeurs, tout en renforçant sa pertinence et son efficacité.
Il s’agit donc, pour les autorités, de repenser l’architecture de la Commission afin qu’elle réponde mieux aux exigences du moment, sans renoncer à ses missions fondamentales.
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